Joudy métamorphose “Angel” de Massive Attack en un trip stoner-psyché d’une intensité cosmique
Il fallait être là. Pas juste dans la salle. Il fallait être dans le morceau. Dans cette sorte de transe électrique qui s’abat à chaque fois que Joudy ose balancer sa relecture de “Angel” de Massive Attack sur scène, entre deux morceaux de leur rock psychédélique viscéral, entre deux hurlements du monde. Mais aujourd’hui, l’attente s’achève. Le groupe américano-vénézuélien, désormais basé à Brooklyn, délivre enfin la version studio de ce titre devenu culte dans leurs sets live. Et c’est un raz-de-marée.
Si l’originale de Massive Attack – cette ouverture magistrale de Mezzanine sortie en 1998 – est une lente marée noire sensuelle et menaçante, celle de Joudy est un cataclysme tellurique. Exit les nappes trip-hop, ici c’est la guitare de Diego Ramirez qui incendie l’atmosphère. Il ne rejoue pas l’original, il l’exorcise. Il l’ouvre, la tord, la fait exploser en un magma sonore qui convoque Hendrix, Sleep et Swans dans un même souffle. La basse de Carlos Rey, profonde et reptilienne, remplace sans peine le motif synthétique initial ; elle s’infiltre dans les veines. Quant à la batterie de Hulrich Navas, elle claque comme une marche funèbre sous acide.
Le morceau devient une procession incantatoire, une montée qui n’éclate jamais vraiment, comme une pulsion contenue jusqu’au dernier râle. Un hommage sans pastiche, une réinvention pleine de respect mais surtout de feu sacré. Et cette voix… rauque, plaintive, animale. Elle porte l’héritage du chaos avec la ferveur d’un chaman post-apocalyptique.
Produit par Tom Beaujour et masterisé par Alan Douches, le morceau réussit le tour de force de réconcilier la pesanteur du rock psyché avec la dramaturgie sombre de la scène Bristolienne. Et si vous vous demandez ce qu’en aurait pensé Burroughs ? Probablement qu’il aurait allumé une clope et murmuré que c’est ainsi que l’insecte devient dieu.
“Angel” par Joudy n’est pas un simple cover. C’est une possession. Une renaissance. Une bête plus vive, plus sombre, plus affamée.
À écouter à fond. De préférence en plein orage.
Pour découvrir plus de nouveautés ROCK n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :
