Rice sur « Starz » : le hip-hop flamboyant d’un artiste qui regarde l’autisme droit dans les yeux
C’est dans un Fenway Park vibrant, à la lisière du baseball et du battement des cœurs, que Starz a d’abord été une offrande. Avant d’être une chanson, Starz est un geste. Celui de Rice, rappeur de Central Massachusetts à la voix ciselée par les épreuves, qui transforme chaque performance en rituel, chaque mot en passerelle. Devant cinq mille visages, au cœur du 25e anniversaire de « Stars on the Spectrum », Rice ne faisait pas que rapper. Il se faisait messager.
Produit par le touche-à-tout Oliver Sean, Starz joue la carte du mélange des sangs : hip-hop conscient, r’n’b solaire, éclats de blues et soupirs de world music. Ça suinte l’indépendance. Pas celle qu’on revendique à coups de tweets, mais celle qu’on gagne en avalant des kilomètres de doutes et de petites scènes. Musicalement, c’est cousu main : une instru chaude comme un bitume d’août, des refrains qui oscillent entre douceur confessionnelle et ferveur militante, et ce grain de voix qui n’a rien d’un effet. C’est juste la fatigue d’un cœur qui a trop donné, trop tôt, et qui bat encore, plus fort que jamais.
Rice ne cherche pas à séduire, il cherche à survivre. Il ne veut pas plaire, il veut percuter. Il ne joue pas, il témoigne. Comme un J. Cole croisé avec le romantisme brut de 50 Cent et l’humanité militante de Kendrick. Starz est un morceau fait de plaies, de luttes, et de lumière. Celle qu’on offre aux autres quand on a enfin appris à s’éclairer soi-même.
Et dans cette époque où tout s’efface à la vitesse d’un scroll, Starz s’impose comme un rappel brûlant que certaines voix méritent qu’on s’y arrête. Longtemps.
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