William Carlos Whitten transforme une rencontre en bijou indie-rock avec « Heaven Is a Face »
Il est des rencontres qui semblent être orchestrées par des forces mystérieuses. C’est dans une laverie automatique, sous la lumière blafarde d’un néon indiquant « $2.25 per wash », que William Carlos Whitten croise Diana Crash, ex-funambule reconvertie en observatrice du quotidien. Le dialogue improbable entre ces deux âmes en décalage – lui tenant sous le bras un exemplaire de The Cloud of Unknowing, elle déclarant qu’elle s’était endormie après deux pages – donne naissance à un duo magnétique : Telepaths.
Avec leur nouveau single, « Heaven Is a Face », Whitten et Crash nous ouvrent une porte vers un monde intime, délicieusement étrange, où chaque note semble flotter entre un état de transe et une nervosité exaltée. William Carlos Whitten, ex-leader emblématique de St. Johnny et Grand Mal, confirme ici son statut de songwriter marginal, à la fois héritier discret de Lou Reed et cousin caché d’Alan Vega. Il sculpte une mélodie empreinte d’une douceur brutale, où la voix éthérée de Diana Crash s’élève avec une intensité fragile, se déployant au-delà des frontières du réel : « When I’m singing I can feel myself expanding beyond the limits of my body ».
Porté par une instrumentation minimaliste, presque mystique, ce morceau capture toute la complexité des émotions humaines, explorant avec finesse et subtilité les zones d’ombre que l’on dissimule derrière nos visages quotidiens. « Heaven Is a Face » évoque ces rencontres fortuites, ces instants précieux où l’on se révèle vulnérable, authentique, vivant.
À travers Telepaths, William Carlos Whitten signe une nouvelle fois une œuvre singulière, entre rêve éveillé et vérité brute. Cette chanson mérite d’être écoutée comme on traverse un songe lucide : pleinement conscient, légèrement déstabilisé, mais terriblement vivant.
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