« S1MB4 et Nawelle signent avec Encore une collision intime entre ce qu’on désire et ce qu’on s’interdit — un piano, deux voix, et une vérité qui fait mal juste ce qu’il faut. »
On a tous connu ça. Ce moment précis où l’on comprend que la personne en face de nous est exactement ce qu’il ne faut pas — pas parce qu’elle est mauvaise, mais parce qu’on n’est pas prêt, parce qu’elle non plus, parce que le timing du désir et celui de la vie ne se parlent pas toujours. S1MB4 n’en fait pas une théorie. Il en fait une chanson. Et c’est souvent là que la musique gagne là où les mots seuls échouent.
Simba — c’est ainsi qu’on l’appelle dans les couloirs de Mithra Production, son studio fondé dans le 20e parisien — est un de ces artistes qu’on ne range pas facilement. Antillais de racines, ingénieur du son de formation, compositeur, photographe, réalisateur : la créativité chez lui déborde de partout et refuse la case. Encore n’est pas sa première incursion dans l’intime, mais c’est sans doute sa plus aboutie. Un morceau enregistré il y a plus d’un an et demi, gardé, retourné, apprivoisé — sorti quand la maturité du temps lui a donné sa vraie forme.
La production est d’une retenue presque provocatrice. Un piano qui respire lentement, qui laisse du vide exprès. Dans ce silence habité, la voix de S1MB4 trouve sa place, puis celle de Nawelle vient compléter le tableau — pas en miroir, mais en contrepoint. Ce duo fonctionne parce qu’il ne surjoue rien. Deux interprètes qui savent que l’excès trahit l’émotion. Le refrain, lui, revient comme une pensée qu’on n’arrive pas à chasser : obsédant sans être lourd, mélancolique sans être complaisant.
Ce qui frappe dans Encore, c’est l’économie de moyens élevée au rang d’esthétique. Pas d’artifice pour masquer un vide — au contraire, le dépouillement est la substance même du morceau. S1MB4 fait confiance à l’interprétation plutôt qu’à la production, à la tension narrative plutôt qu’au climax facile. Le résultat ressemble à une conversation qu’on aurait voulu ne jamais avoir et qu’on rejoue pourtant en boucle.
Entièrement réalisé au sein de Mithra Production — de la composition aux visuels — le single illustre aussi une posture artistique rare aujourd’hui : l’indépendance totale, sans compromis industriel, sans validation extérieure cherchée. Juste un artiste, son studio, et l’honnêteté d’un sentiment qu’il a pris le temps de ciseler jusqu’à ce qu’il sonne juste.
Encore ne fait pas de bruit. Il s’insinue.
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