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Electro Music

Fame Hunter sur Disappear : club-pop dystopique, amour halluciné et paillettes post-Baudelaire

Fame Hunter sur Disappear : club-pop dystopique, amour halluciné et paillettes post-Baudelaire
  • Publishedmai 19, 2025

Le single s’appelle Disappear, mais on y entend surtout une explosion. Une implosion, plutôt. Un cri de soie dans une ruelle néon, une course contre soi-même en talons aiguilles sur le trottoir de Mulholland Drive, avec le cœur en feu et les larmes waterproof. Le duo danois Fame Hunter ne fait pas de la musique de club — il fabrique des rêves moites à danser jusqu’à l’oubli. Ou au vertige. Peut-être les deux.

Siggy Sonne et Heva Vaupel, binôme queer et incandescent, signent ici un premier extrait de leur EP éponyme à paraître en juin. Et déjà, Disappear déborde : de références, d’intentions, de beauté synthétique. La track s’ouvre sur une ligne eurobass qui cogne comme un souvenir de nuit blanche à Berlin, un kick techno aux os et un lead synthé qui évoque une comète noire filant au-dessus de la fête. Mais c’est la voix de Siggy qui vient tout fracturer. Elle tremble, elle griffe, elle caresse. Elle convoque l’extase et l’abandon dans la même phrase, avec cette façon rare de chanter trop fort et trop vrai.

Derrière l’apparente légèreté club, Fame Hunter convoque Baudelaire, Lynch, Araki. On ne danse pas ici pour oublier, on danse pour mieux voir. Pour mieux sentir l’étrangeté de nos désirs. Disappear parle de cette fuite en avant qu’on appelle parfois “amour” : un sentiment qui n’est ni vrai, ni faux, juste… halluciné. “Like grasping onto agency in a lucid dream”, disent-ils. Et c’est exactement ça : un baiser dans le flou, une vérité sous MDMA.

Visuellement, tout est pensé, léché, iconique. Le clip, tourné à l’endroit exact où Laura Dern se fait poignarder dans Inland Empire, flirte avec le gothique hollywoodien, les runways Versace 2009, le vertige du faux sublime. Fame Hunter, n’en déplaise à leur nom, ne court pas après la lumière. Ils sont la lumière – celle qui clignote, qui dérange, qui attire les papillons trop près de la flamme.

Disappear n’est pas un tube. C’est un phénomène de mode déguisé en morceau de synth-pop hantée. Une déclaration d’indépendance arty, queer, dramatique et parfaitement incarnée. Et si l’utopie a un son, alors c’est celui-ci : blessé, maquillé, dansant, magnifique.

Pour découvrir plus de nouveautés CLUB et ÉLECTRO, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVACLUB ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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