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Music Rock

Queer-pop rock sur fond de trauma générationnel avec Esore Alle sur “I Never Knew What I Wanted”

Queer-pop rock sur fond de trauma générationnel avec Esore Alle sur “I Never Knew What I Wanted”
  • Publishedmai 20, 2025

Il y a des morceaux qui soignent. D’autres qui dénoncent. Et puis il y a ceux, plus rares, qui font les deux en talons, avec des strass, une basse glam, un tempo en montagnes russes, et cette phrase en bandoulière : “Si tu ne ris pas, tu pleures.” Esore Alle débarque avec “I Never Knew What I Wanted”, un single cabaret-pop teinté de rock où le drame personnel s’habille d’exubérance, de second degré, et de vérité nue. Un titre qui ne ressemble à rien d’autre – parce qu’il ressemble à lui.

Né d’un vécu intime — des violences sexuelles, banalisées, invisibilisées, puis ressurgies à retardement — ce morceau n’a rien d’un lamento. Esore choisit la voie du théâtre, de l’absurde, de l’exagération, pour mieux frapper là où ça fait mal. Avec son ami et co-auteur Cat Jones, il a transformé cette expérience en satire brillante et chaotique, portée par une production à la croisée des chemins entre Kate Bush sous MDMA, Bowie drag, Scissor Sisters post-traumatiques et un soupçon de Ween dans une rave queer à Birmingham.

La voix d’Esore — alias AJ — part dans tous les sens, sans jamais perdre le cap : flambeau falsetto, cris du cœur, moments parlés entre deux drames intérieurs. On rit, on grimace, on écoute. Il y a dans cette performance vocale une théâtralité salvatrice, un opéra pop pour tous ceux qui ont trop encaissé. Le morceau change de tempo comme l’humeur dans une spirale maniaque, et c’est précisément cette instabilité qui en fait un bijou. Enregistré à Magic Garden Studios, dans un lieu chargé d’histoires (Editors, Nizlopi…), le morceau bénéficie d’un mixage généreux mais jamais lisse, signé Gavin Monaghan et Louise Russell.

Mais ce n’est pas qu’un exutoire. C’est aussi une performance politique, une déclaration d’existence queer, camp, et lucide. “I Never Knew What I Wanted” est une chanson pour les soirées où l’on a mal mais où on se maquille quand même. Pour celles et ceux qui veulent tout dire, mais en paillettes. Pour les clubs, les salles de théâtre, les chambres à 3h du matin.

Esore Alle ne cherche pas à plaire. Il cherche à faire entendre. Et quand l’intime devient ainsi spectacle sans se trahir, il ne reste plus qu’à applaudir.

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Written By
Extravafrench

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