Pas besoin d’avoir grandi dans une chambre tapissée de posters de Kurt Cobain pour ressentir la secousse. Dès les premières mesures de Family Tree, on comprend que HIGHWAYVES ne joue pas à exhumer le passé : il le tord, le vrille, l’étire jusqu’à en faire autre chose — quelque chose de viscéral, d’instinctif, et surtout, de personnel.
En provenance de l’Isle of Man, le groupe — déjà repéré par BBC Introducing comme l’un des projets les plus excitants de 2025 — refuse le confort d’un revival grunge paresseux. Oui, il y a des fantômes qui rôdent : ceux d’Alice in Chains, de Stone Temple Pilots, de Nirvana. Mais plutôt que de les imiter, HIGHWAYVES les convoque comme des spectres familiers qu’on invite à danser dans des nappes de shoegaze brumeux et de refrains pop noyés dans la distorsion.
Family Tree est un morceau racinaire. Ça pousse dans la boue, ça suinte la colère domestiquée, les héritages pesants et les souvenirs en friche. La voix, rugueuse mais jamais plaintive, serpente entre les guitares abrasives comme un secret qu’on n’a pas encore décidé de confesser. C’est du rock de chambre d’ado devenu adulte — pas plus sage, mais plus lucide.
La force de HIGHWAYVES, c’est de comprendre que le passé n’a d’intérêt que s’il permet de dire quelque chose de neuf. Ici, le groupe taille dans le bois mort du rock alternatif des années 90 pour en faire un tronc nerveux, tendu, habité. Family Tree, c’est la rage transmise, transformée — et, quelque part, transcendée. Une catharsis électrique qui prouve que le grunge, loin d’être enterré, a encore des choses à hurler.
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