x
Music Pop

Lisa Goldin enlève ses cicatrices comme on enlève une robe trop serrée sur Something I Used To Wear

Lisa Goldin enlève ses cicatrices comme on enlève une robe trop serrée sur Something I Used To Wear
  • Publishedjuin 3, 2025

On pourrait dire que Lisa Goldin écrit des chansons comme on écrit dans un journal intime dont on aurait déchiré les pages pour les crier dans un micro. Mais ce serait trop facile. Something I Used To Wear, son troisième album, n’est pas un simple exutoire ; c’est une mue sonore, une mise à nu stylisée, où chaque piste est une couture qu’elle découd lentement, jusqu’à ne garder que l’essentiel : elle-même.

Derrière les paillettes du pop, la voix toujours impeccable, on entend les failles, les souvenirs qui collent comme un vieux parfum sur un col de chemise. “Apparently” ouvre la marche, entre ironie douce et prise de conscience, tandis que le titre phare “Something I Used To Wear” claque comme un dernier regard dans le miroir avant de partir pour de bon. Le groove est là, élégant, mais jamais artificiel. Les arrangements – signés notamment par Lisa Goldin – jonglent entre efficacité radiophonique et subtilité de studio.

Goldin alterne entre ballades poignantes (“Hope”, “Three Days”) et petits brûlots pop à la fraîcheur presque adolescente (“Like That”, “How Love Can Start”). Mais ce qui frappe, c’est ce fil narratif, presque romanesque, qui lie ces 16 morceaux en une sorte de biographie musicale anti-glamour et sincère. Elle y règle ses comptes — parfois avec les autres, souvent avec elle-même. Elle a appris à dire non, à laisser les mensonges aux vestiaires, et à ne garder que ce qui brille de vérité.

Depuis ses débuts, de Londres à Dubaï en passant par l’Afrique du Sud, Lisa Goldin n’a jamais cessé d’être une performeuse. Ici, elle devient une autrice, au sens noble. Elle ne se contente plus de faire des chansons : elle raconte des métamorphoses. À travers des hooks savamment calibrés et une voix toujours à la frontière du craquement, elle prouve qu’on peut survivre à tout – même à soi-même.

Et puis il y a ce clin d’œil tendre à ses fans : la GoldinShop, lieu digital intime où l’on peut écouter l’album avant sa sortie, comme si elle nous ouvrait la porte de sa loge, maquillage à moitié fait, cœur un peu plus entier. Something I Used To Wear, c’est l’album qu’on écoute comme on relit une lettre qu’on n’a jamais envoyée. Et qu’on finit par fredonner, en souriant.

Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :

Written By
Extravafrench

Laisser un commentaire

En savoir plus sur EXTRAVAFRENCH

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture