On ne gagne jamais tout seul. Et Winners, nouveau single de Chandra, le martèle avec cette ferveur candide qui fait lever les bras au ciel dans les stades ou les festivals de campagne trempés par la bruine anglaise. Le trio basé à Bristol livre ici un tube calibré pour les grandes enjambées mentales : un morceau où la sueur émotionnelle remplace l’ironie, et où chaque accord sonne comme un uppercut au fatalisme.
Pas de faux-semblants. Winners est une ligne droite tracée au stabilo fluo dans un carnet de route cabossé par l’échec et la persévérance. La guitare lead de Mike Paul vrille comme une fusée de détresse, les refrains déferlent comme des vagues contre les doutes, et la voix de Chandra Nair — entre bienveillance pugnace et urgence adolescente — n’a qu’une obsession : faire tenir debout ceux qui vacillent.
Il y a du Killers époque Sam’s Town, du U2 période Beautiful Day, mais avec une sincérité indie qui préfère la foi au cynisme. Co-produit avec Aaron Short, le morceau tire sa puissance de sa franchise. Il ne réinvente pas la pop-rock à hymnes, il l’assume. Il l’embrasse même. Il la transforme en bras levés collectifs dans une cuisine, dans un bus, ou dans un moment de solitude où l’on se répète en boucle : we will be winners.
Chandra n’écrit pas une chanson ici. Il allume un feu pour les retardataires de la victoire. C’est cliché, mais parfois, les clichés sont les seuls refuges valables quand tout semble foutu.
Et c’est là que Winners tape juste. Parce qu’il vous parle quand vous n’avez pas encore gagné. Parce qu’il vous regarde quand vous vous relevez. Parce qu’il vous reconnaît — même couvert de boue.
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