Il y a chez Christopha cette énergie de coureur de fond, ce souffle long qui ne lâche pas, même quand le bitume devient brûlant sous les pieds. « Better Late Than Never », treizième arrêt de son impressionnante odyssée 26 Miles and Running part 2 — une chanson toutes les deux semaines en 2025, rien que ça — arrive comme un second souffle, un point de bascule. La moitié du marathon est franchie, et l’homme ne transpire toujours pas. Il respire le feu.
Ancien du monde corpo, qu’il a quitté puis retrouvé par nécessité avant de s’en extraire de nouveau, Christopha incarne cette génération d’artistes lucides, tiraillés entre rêve et devoir. Mais plutôt que de choisir, il fonce tête baissée, et c’est cette tension intérieure qui infuse ses textes d’une force rare. Sur « Better Late Than Never », il ne cherche pas à plaire, il cherche à dire. Et il le dit bien.
Le morceau ne tape pas, il pousse. Le beat est percutant sans être clinquant, une sorte de grime épuré qui laisse tout l’espace au flow, à la diction millimétrée, à la sagesse rugueuse qui transpire chaque phrase. Il n’y a pas de gimmick, pas de triche, juste un homme en course contre le doute, contre le temps, contre l’envie de s’arrêter. « Runway » l’avait déjà propulsé dans les playlists éditoriales de Spotify, « Better Late Than Never » confirme que ce n’était pas un hasard mais une stratégie d’endurance : tenir la distance tout en montant en puissance.
Christopha ne fait pas que rapper, il documente une quête. Celle d’un artiste qui a connu l’étouffement du 9-5, le poids de la responsabilité, les nuits à douter, et qui aujourd’hui court pour sa liberté — en musique. Et qu’importe s’il est arrivé tard. Il est là maintenant. Et c’est ça qui compte.
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