Difficile de savoir si Orrin est en train de s’éteindre ou de devenir un supernova. Avec “Bad Habits”, l’artiste new-yorkais signe un morceau qui sonne comme une crise d’identité mise en boucle, une explosion de couleurs numériques dans un monde où les émotions ont la texture glitchée d’un MP3 mal compressé.
On est en plein territoire hyperpop, mais attention : ici, pas de fun criard ni de dopamine gratuite. Le morceau est tendu comme un câble de haute tension, court, brutal, auto-dérisoire, et presque douloureusement sincère. La voix d’Orrin — autotunée à l’extrême, tordue comme un visage dans un miroir brisé — crache des refrains courts, addictifs, erratiques, comme si la pensée même de se contenir devenait insupportable. Les bad habits ? Ce ne sont pas juste des vices. Ce sont des mécanismes de survie dans un monde trop bruyant, trop rapide, trop tout.
Production acide, kicks compressés jusqu’à la suffocation, mélodies qui ressemblent à des alarmes : Orrin joue avec les codes du genre mais refuse de les flatter. Il ne veut pas plaire. Il veut déranger — ou mieux, mettre à nu. Dans ses dissonances, “Bad Habits” n’est pas une chanson, c’est une fenêtre sur une subjectivité en chute libre, où le chaos devient presque rassurant. Comme si perdre le contrôle était la seule façon de sentir encore quelque chose.
Orrin confirme ici ce qu’on pressentait déjà : il est un de ces rares artistes pour qui la musique n’est pas un costume mais une peau. Une peau sensible, brûlée vive par le monde, qui ne cicatrise qu’en criant plus fort que le silence.
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