C’est une grande vague de guitares saturées qui vous attrape à la gorge dès les premières secondes, un de ces morceaux où l’énergie brute de l’indie rock se mêle à une sensibilité presque new age. Avec “Heaven’s Gate”, Origami Ghosts touche à cette zone trouble entre la vie et la mort, un espace liminal que JP Scesniak connaît de près après avoir frôlé le point de non-retour suite à un AVC. Sa question, lancinante et désarmante, “What’s it like on the other side?”, devient un mantra répété jusqu’à ce que le réel se fissure.
La voix de Scesniak, à la fois fragile et frontale, glisse sur un tapis sonore où la batterie propulsive de Ben Kendall et les guitares rugissantes construisent un crescendo presque cathartique. Mais c’est la flûte de Cassandra Wulff qui fait décoller le morceau vers une autre dimension : légère, spectrale, elle plane comme une âme en suspens, donnant à ce rock abrasif une teinte psychédélique et mystique.
Le clip, tourné sur la péninsule Olympique dans l’État de Washington, capte cette aura liminale : on y voit le duo évoluer en électron libre dans des forêts denses, marcher dans les rivières, puis danser au crépuscule sur la plage, comme des fantômes joyeux sur le seuil d’un autre monde. La caméra d’Emma Jones transforme ces paysages en passages vers un ailleurs invisible, celui que Scesniak évoque lorsqu’il parle de l’esprit qui “continue ailleurs, peut-être sur Terre, peut-être dans d’autres galaxies.”
“Heaven’s Gate” sonne comme un hymne pour tous ceux qui flirtent avec l’au-delà sans renoncer à la beauté du présent. C’est du lo-fi folk punk pour les rêveurs, les marginaux et les mystiques. Dans la lignée d’AJJ, Neutral Milk Hotel ou The Mountain Goats, Origami Ghosts livre ici une chanson qui fait vibrer autant qu’elle fait réfléchir.
Pour découvrir plus de nouveautés ROCK n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :
