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Music RnB

Twodahh Bugg bouleverse nos cœurs avec Chapter I: If Love Coulda Saved You

Twodahh Bugg bouleverse nos cœurs avec Chapter I: If Love Coulda Saved You
  • Publishedjuillet 21, 2025

Il ne s’écoute pas d’une oreille distraite. Chapter I: If Love Coulda Saved You est un disque qui s’ouvre comme une plaie et qui se referme lentement, chanson après chanson. On le traverse comme une nuit d’insomnie dans la Bay Area, avec ce mélange d’air tiède et d’étreinte froide qui accompagne les souvenirs qu’on ne peut pas chasser.

Where You Been plante le décor : beats souples, voix feutrée, groove minimaliste qui palpite comme un cœur trop fragile. On y sent déjà cette obsession de Twodahh Bugg pour la sincérité brute, pour les arrangements épurés qui laissent la voix respirer. Rien n’est forcé, rien n’est crié, et c’est précisément ce qui frappe.

Sur 304 Flange, les basses se font plus épaisses, presque hypnotiques. C’est un morceau qui avance comme une marche lente dans une ruelle éclairée par des néons, un RnB hanté qui parle d’exclusion et de beauté malgré tout. Puis At The Wrong Time arrive comme un uppercut émotionnel, voix éraillée, nappes soyeuses, une production qui reste minimaliste mais trahit une précision chirurgicale dans l’équilibre des textures.

Lost in Yesterday est peut-être le cœur battant de l’album. La nostalgie y est assumée, luxuriante, avec des claviers vaporeux et des percussions discrètes qui évoquent les regrets murmurés au téléphone à 3 heures du matin. Vient ensuite Two AM, qui reprend ce thème de la nuit mais dans une ambiance plus moite, presque sensuelle, comme si la douleur pouvait se sublimer en désir.

It’s Complicated et Hunnit Bodies montrent un Twodahh Bugg plus incisif. Le premier explore les nœuds des relations modernes, tandis que le second surprend avec un beat plus marqué, flirtant avec le hip-hop sans jamais perdre la douceur du RnB qui irrigue l’album.

Not a Love Song est une respiration, presque une ironie, mais la mélancolie perce entre les lignes. Tears On My Pillow referme le cercle intime : la voix est au bord de la rupture, les synthés créent une chambre sonore où l’on a l’impression d’entendre quelqu’un chanter pour lui-même, pour ne pas sombrer.

Puis il y a Ciao!, hommage frontal au père disparu. La chanson, sobre, presque nue, est une lettre non envoyée. On y sent la perte, le poids de ce qui n’a pas été dit, et en même temps la gratitude. C’est une sortie de scène digne et bouleversante.

Avec Chapter I: If Love Coulda Saved You, Twodahh Bugg signe un album qui ressemble à un journal de bord écrit entre deux mondes : celui des vivants et celui des absents. Entre RnB, soul et touches pop, il bâtit une œuvre où chaque silence est aussi important que chaque mot. C’est un disque qui tend la main, pour que ceux qui l’écoutent sachent qu’ils ne sont pas seuls.

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Written By
Extravafrench

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