Tu n’es pas tout à fait en chute libre, mais tu n’as plus pied non plus. Acrophobia, le nouveau morceau d’Apollo Jones, t’embarque dans ce no man’s land affectif où l’amour ressemble plus à une corniche qu’à un refuge. Le titre, littéralement « peur des hauteurs », est un aveu masqué : celui d’un cœur qui veut s’élever mais qui flippe de tomber. Et cette tension sourde, Apollo la décline en textures, en groove étiré, en nappes cotonneuses qui vibrent comme un souffle retenu.
Sur une prod minimaliste mais méticuleuse — quelque part entre Brent Faiyaz et serpentwithfeet — Apollo Jones laisse traîner sa voix comme un funambule sur une ligne mélodique volontairement fragile. La basse est chaude mais distante, les synthés flottent comme des halos urbains à l’heure bleue, et les chœurs, à peine murmurés, arrivent comme des échos de pensées qu’on n’ose pas prononcer tout haut.
Il ne s’agit pas ici de hurler son mal ou de surjouer la vulnérabilité. Acrophobia fonctionne justement parce qu’il refuse l’exagération. Chaque silence pèse. Chaque accord suspend le temps. Apollo construit une ballade sensuelle et anxieuse, qui ne cherche pas à résoudre le vertige, mais à l’habiter avec grâce.
Ce morceau, c’est une nuit d’été passée à fixer un plafond inconnu, allongé à côté de quelqu’un qu’on aime sans savoir si ça va durer. C’est une confession qu’on fait sans jamais la terminer. Un morceau pour ceux qui, parfois, ont aussi peur d’être aimés que de tomber.
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