C’est un morceau qui s’annonce comme un coup de semonce dans les artères de l’underground : Mirage, deuxième extrait de l’album Background Check, réunit trois générations de lyricistes et l’un des meilleurs turntablists de la planète dans un format brut, dense, sans concessions. DJ Mirage, producteur français au goût cinématographique pour les boucles et les textures, orchestre ici un véritable ballet de rimes, porté par la voix sombre et granuleuse d’Eto, le flow acéré d’Edo G et la narration impeccable de Masta Ace.
Tout, dans Mirage, respire la grande tradition du boom-bap new-yorkais, mais filtrée par un œil européen qui sait doser l’espace, la tension et la dramaturgie sonore. Les caisses claquent comme des portes métalliques dans un hall d’immeuble, les basses rampent au ras du bitume, les samples suintent l’asphalte humide d’un soir d’hiver. Et au-dessus de ce décor noir et dense, DJ Fly — quadruple champion du monde DMC — cisèle des scratchs qui ne sont pas de simples ornements, mais des armes rythmiques, tranchantes, presque chorégraphiques.
L’alchimie est rare : chacun des MCs habite la prod à sa manière, Eto en éclaireur inquiétant, Edo G en sage des ruelles, Masta Ace en conteur qui plie le temps. Mirage, lui, joue le rôle du metteur en scène invisible, capable d’unir des sensibilités et des époques dans un seul et même plan-séquence sonore.
Si Mirage est un avant-goût de Background Check, alors l’album à venir s’annonce comme un manifeste : celui d’un hip-hop qui ne cède rien à la nostalgie mais en garde la noblesse, la discipline et la rudesse, tout en affirmant que ses racines sont toujours vivantes — et armées.
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