Ce matin, j’ai écouté L’instant d’après avec la fenêtre entrouverte. La pluie battait sur le zinc et, étrangement, le morceau semblait s’y accorder, comme si Indolore avait pensé sa guitare acoustique pour le bruit des gouttes. Sa voix, tendre et sans apprêt, glisse entre les interstices du quotidien pour nous rappeler que les regrets ne sont pas forcément des prisons mais parfois des abris. Aujourd’hui, le titre sort officiellement, et il s’écoute comme un rituel intime : deux minutes pour déposer les armes et retrouver un souffle.
Premier extrait de l’EP La Vie Face A attendu en octobre, L’instant d’après s’inscrit dans la trajectoire singulière d’un artiste qui a fait de la fragilité une matière noble. Indolore n’a jamais cherché l’effet tapageur. Ses chansons sont des refuges qui se transmettent en bouche-à-oreille, comme ces secrets que l’on se confie au creux d’une soirée. De ses premiers pas pop avec Shine (et des premières parties pour Sia ou Morcheeba) à ses voyages sonores en Islande (Love Letters from Eylenda enregistré au studio de Sigur Rós), en passant par Nashville et Paris, il a bâti une œuvre faite de déplacements, de métissages et d’empreintes laissées sur le sable.
Ici, il revient à l’essentiel : une guitare, une voix, une atmosphère suspendue. Les amateurs de Nick Drake ou Elliott Smith reconnaîtront cette manière de transformer la douleur en lumière, mais Indolore y ajoute une douceur, un sourire discret au milieu de la mélancolie. On comprend pourquoi son dernier album After the Rain avait été salué comme “album de l’année” par la presse britannique : il sait écrire des chansons qui s’écoutent comme des confidences, universelles et intimes à la fois.
L’instant d’après est une chanson minuscule par sa durée, immense par son pouvoir d’évocation. On l’écoute, et soudain, on se sent moins seul.
Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :
