Un accord qui pulse comme une cicatrice, une montée électronique qui ressemble à une respiration trop longtemps retenue. C’est ainsi que Rose Ringed nous accueille dans Begging et The Letter, deux morceaux tirés de son futur album Mylène, dédié à la mémoire de sa mère disparue. La techno n’est pas ici un exutoire de club, mais un langage intime qui raconte le deuil et la transformation de la souffrance en énergie vitale.
Avec The Letter, Rose Ringed revisite un moment d’enfance scellé dans le silence : une lettre de sa mère, tenue secrète jusqu’à bien plus tard, qui refait surface comme une déflagration. Les synthés se superposent à la manière d’ondes mémorielles, une architecture fragile où chaque note semble contenir un fragment d’histoire familiale. Le morceau avance avec retenue, avant de basculer dans une intensité presque trance, comme si la vérité enfouie finissait par tout emporter.
Begging, plus frontal, joue sur la répétition et le vertige. Ici, la demande n’est pas romantique mais existentielle : implorer un sens, une lumière, une réconciliation avec ce qui ne reviendra plus. Les nappes électroniques, lourdes et lumineuses à la fois, rappellent la tradition mélodique de Kolsch ou de Bicep, mais teintée d’une mélancolie unique, propre à l’univers de Rose Ringed.
Ce diptyque s’inscrit dans le second chapitre de Mylène, une œuvre pensée comme une traversée en plusieurs étapes du deuil : la perte, la révélation, la colère, puis la reconstruction. Rarement un album de musique électronique aura semblé autant tenir du journal intime que de la catharsis collective.
Avec ses propres moyens – voix, piano jazz, batterie, production – Rose Ringed érige un monument sonore à l’absence. Et si la danse, chez lui, garde sa puissance euphorique, elle devient aussi le lieu d’une mémoire en mouvement : un espace où l’on ne s’oublie pas soi-même, mais où l’on apprend à marcher aux côtés des fantômes.
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