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L’art de transformer l’averse en groove avec DALIA sur « Les jours de pluie »

L’art de transformer l’averse en groove avec DALIA sur « Les jours de pluie »
  • Publishedoctobre 3, 2025

À Toulouse, il pleut autrement. Pas ces orages écrasants du Sud, mais une pluie qui rythme les pas, qui te colle à la peau et t’oblige à lever les yeux. C’est dans cette bruine sensible que DALIA installe son nouvel EP, Les jours de pluie, six morceaux qui font de l’introspection un terrain de danse, et de la mélancolie une pulsation collective.

Ce trio, mi-rappeurs, mi-chanteurs, mi-artisans de textures, refuse le confort des cases. Leur musique, c’est un carrefour : le rap qui raconte, la chanson française qui s’épanche, le jazz qui insuffle sa respiration, et des effluves latines qui réchauffent tout ça. On pense à Kendrick Lamar dans la manière de tordre la ville en récit sonore, à Iliona dans l’intimité à fleur de peau, et parfois à Billie Eilish dans ce goût du proche, du brut, de la voix qui frôle presque l’oreille.

Dans Les jours de pluie, chaque titre agit comme une vitre embuée où les voix dessinent des silhouettes tantôt indignées, tantôt nostalgiques. Les textes parlent de changements de vie, de liens humains fragiles, de force du collectif. Et toujours cette ambiguïté : une plainte qui se danse, une douceur qui cogne. Le groove — sculpté par les percussions, la basse et cette trompette incandescente — donne l’impression que même sous l’averse, on peut bouger les épaules.

Le mixage, volontairement brut, casse la distance. On n’écoute pas DALIA, on discute avec eux, comme si les deux voix du groupe s’asseyaient dans ton salon pour balancer leurs doutes et leurs visions. Le mastering de Sheldon polit l’ensemble sans l’étouffer, préservant cette chaleur rugueuse qui fait toute leur singularité.

Et puis il y a cette pièce maîtresse : Un quart d’heure. Quinze minutes de montée ininterrompue, un bloc sonore qui déroule la ville telle qu’on la vit : bruyante, pressée, saturée, mais toujours traversée de silences. Le morceau s’étire comme une marche nocturne où l’on finit par ne plus savoir si le grondement vient de l’extérieur ou de soi. Le clip animé prolonge ce vertige : entre réalisme cru et échappée poétique.

Avec Les jours de pluie, les membres de DALIA fabriquent une chambre d’écho où chacun peut déposer ses fêlures. Un disque humain, terriblement humain, qui donne envie d’aimer la pluie.

Pour découvrir plus de French nouveautés, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAFRENCH ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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