Sous les néons imaginaires d’un club qui n’existe peut-être pas, Plaid Lion allume une boule à facettes qui tourne au ralenti. « Follow Me » a la nonchalance de ces morceaux qui ne cherchent pas à séduire — ils savent qu’ils le font déjà. C’est un groove qui s’avance, un peu chaloupé, un peu sophistiqué, comme une invitation murmurée à mi-voix sur un dancefloor trop petit pour contenir tout ce qu’il fait ressentir.
Le duo de Tacoma déroule ici une partition où la sensualité et la maîtrise s’épousent sans effort. Une contrebasse élégante tisse la colonne vertébrale du morceau, pendant qu’un beat disco précis, feutré, glisse sans jamais s’imposer. La voix, suave et légèrement voilée, semble flotter au-dessus des accords comme un parfum de fin d’été — ni trop sucré, ni trop distant. Tout respire le goût du détail, de l’arrangement ciselé, de la mélodie qui accroche l’oreille sans la saturer.
« Follow Me » ne parle pas d’amour ni de fête, mais de ce moment suspendu entre les deux : le regard échangé avant la première danse, la lente montée du désir avant le mouvement. C’est une chanson pour les cocktails au coucher du soleil, les terrasses où l’on rit trop fort, les nuits qui s’étirent sans promesse.
Plaid Lion réussit un numéro d’équilibriste rare : faire sonner la nostalgie sans tomber dans la citation, ressusciter la soul du disco tout en y injectant la fraîcheur d’une production moderne, presque cinématographique. On y sent des éclats de Portishead, la chaleur d’un Rick Wade, et la désinvolture des duos qui ont trop écouté la nuit pour en avoir peur.
« Follow Me » se déguste comme un spritz sonore, pétillant et moelleux à la fois. Une invitation à se laisser guider, sans se presser, vers un ailleurs moite et élégant. Le genre de morceau qui vous fait danser, même assis, un sourire aux lèvres et le cœur un peu plus léger.
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