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Jax Fleming sur I’ll Be Fine : l’EP confessionnel qui transforme la vulnérabilité en road-movie intérieur

Jax Fleming sur I’ll Be Fine : l’EP confessionnel qui transforme la vulnérabilité en road-movie intérieur
  • Publisheddécembre 5, 2025

« Un journal intime mis en musique comme une sortie de route qui finit par devenir une clarté. »

Les premiers EP ont souvent l’allure d’une promesse. I’ll Be Fine, lui, ressemble à un pacte : celui d’un jeune homme qui a décidé d’arrêter de mentir — aux autres, mais surtout à lui-même. On y entre comme on entrerait dans une chambre en désordre après un orage : guitares encore fumantes, synthés qui retiennent leur souffle, voix nouée mais droite, déterminée à fouiller dans la poussière pour retrouver quelque chose de vrai. Jax Fleming y raconte deux années de vie où tout a vacillé : un groupe dissous, une bande d’amis dispersée, une identité musicale à reconstruire depuis les fondations. Et au bout du chaos, cette phrase placardée sur la pochette comme une bravade à peine tenue : I’ll Be Fine.

Ce disque est une mue. On sent encore, affleurant sous la peau, les brûlures du rock colérique d’Atlas of the Dogs, ce passé où l’on criait pour exister. Mais ici, la tension ne s’exprime plus en coups de semonce ; elle coule dans des mélodies qui tâtonnent, s’étirent, se relèvent. Dès Superficial, morceau d’ouverture, Jax plante le décor : une satire douce-amère des masques que l’on porte pour ne pas décevoir, portée par une ligne de guitare solaire et une interprétation qui marche sur un fil entre ironie et confession. C’est le morceau-manifeste de l’EP : celui où l’artiste assume enfin de ne plus écrire pour plaire, mais pour comprendre.

Le titre éponyme, I’ll Be Fine, frappe par sa sincérité sans ornement. C’est une chanson où le refrain agit comme une incantation que l’on répète pour ne pas sombrer. La production, fine sans être fragile, rappelle cette pop alternative américaine qui aime les paysages ouverts : les guitares respirent, la batterie avance avec ce balancement qui mimerait presque une marche nocturne après un coup dur.

Puis vient Macie, ballade spectrale où les arrangements se resserrent autour d’une voix qui semble parler à quelqu’un qui n’est plus là. Il y a du souvenir, du manque, un geste tendre et un renoncement discret. On entend Cage the Elephant dans l’énergie, mais surtout un Jax plus nu que jamais.

3am constitue le cœur battant du projet : écrite dans cette heure où la lucidité et l’excès se confondent, c’est une chanson qui raconte l’abandon, l’alcool comme faux refuge, l’impression de danser seul dans une salle pleine. Une confession d’une honnêteté presque brutale, qui donne à l’EP son centre de gravité émotionnel.

Avec Twilight, Jax laisse entrer une lumière trouble, ce moment entre chien et loup où l’on croit encore à la consolation. La chanson flotte, douce et un peu bancale, comme si elle cherchait elle aussi son chemin. HiLo, enfin, referme le disque en oscillant entre éclats lumineux et lignes brisées, racontant cette vie qui alterne montagnes russes émotionnelles et petits gestes de survie.

L’ensemble forme un projet aussi cohérent qu’instinctif, porté par une écriture diaristique et une production artisanale mais méticuleuse — Jax y joue presque tout : guitares, synthés, batterie, basse, percussions, voix. Cela s’entend : chaque morceau porte sa respiration, sa texture, ses hésitations magnifiques. I’ll Be Fine n’est pas un disque qui cherche à impressionner. C’est un disque qui cherche à dire vrai. Et c’est précisément ce qui le rend si touchant.


Instagram : https://instagram.com/jaxfleming

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Written By
Extravafrench

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