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Music Rock

John Koah livre Just A Little Off The Rails ou l’art sublime de dérailler sans jamais perdre le nord

John Koah livre Just A Little Off The Rails ou l’art sublime de dérailler sans jamais perdre le nord
  • Publishedjanvier 7, 2026

Un morceau comme une respiration bancale, un pas de côté assumé, la bande-son idéale de celles et ceux qui avancent sans GPS mais avec une intuition chevillée au cœur.

Il y a des chansons qui ne cherchent pas à impressionner. Elles s’installent doucement, s’asseyent à côté de vous, allument une lampe à faible intensité et commencent à raconter. Just A Little Off The Rails appartient à cette catégorie rare, presque anachronique, où la sincérité prime sur l’esbroufe, où la guitare n’est pas un décor mais une colonne vertébrale.

Chez John Koah, tout commence par le bois, les cordes, le souffle. On entend immédiatement le choix délibéré de ne pas lisser, de ne pas masquer les aspérités. La guitare avance comme un compagnon de route fatigué mais fidèle, avec ce grain légèrement poussiéreux qui évoque autant les routes secondaires que les salons trop silencieux. Le morceau respire la prise directe, presque domestique, comme si chaque note avait été enregistrée pour elle-même, sans chercher à plaire à un algorithme.

Ce qui frappe, c’est la place laissée à la voix. Elle n’est ni héroïque ni démonstrative. Elle doute, elle vacille parfois, mais c’est précisément là que réside sa force. John Koah chante comme on parle à un ami tard le soir, quand les certitudes ont quitté la pièce et que l’honnêteté prend toute la place. Il y a quelque chose de profondément humain dans cette manière de raconter le léger déraillement, non pas comme une chute, mais comme un état permanent, presque nécessaire.

Musicalement, le morceau puise clairement dans une tradition folk rock qui refuse de vieillir. On pense à ces songwriters des années analogiques, à cette époque où les chansons étaient des compagnons de vie plutôt que des produits finis. Mais Just A Little Off The Rails ne sonne jamais passéiste. Au contraire, il rappelle à quel point ce type d’écriture manque cruellement aujourd’hui, noyé sous les couches de production et les refrains calibrés.

Ce titre donne aussi la sensation d’un projet plus vaste, d’un carnet de bord musical où chaque chanson serait une lettre adressée à soi-même. Il y a une cohérence, une rigueur presque obsessionnelle dans la manière dont le morceau se tient, sans jamais chercher l’explosion ou le climax. Tout est dans la nuance, dans les micro-variations, dans ce léger déséquilibre qui fait avancer.

Just A Little Off The Rails n’est pas une chanson qui crie. Elle murmure, insiste, revient parfois hanter l’oreille après l’écoute. C’est un morceau pour celles et ceux qui acceptent de ne pas aller droit, de bifurquer sans s’excuser, de considérer que le déraillement est parfois la trajectoire la plus honnête.

John Koah signe ici un titre d’une élégance discrète, profondément incarnée, qui rappelle que la musique peut encore être un refuge, un endroit où l’on se retrouve sans masque. Un morceau qui ne promet rien d’autre que ce qu’il offre déjà : une vérité fragile, mais tenace.

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Written By
Extravafrench

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