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Federica Colangelo transforme « Forward »en métaphore vivante d’un jazz qui pulse et rit de ses propres frontières

Federica Colangelo transforme « Forward »en métaphore vivante d’un jazz qui pulse et rit de ses propres frontières
  • Publishedjanvier 26, 2026

En regardant la vidéo de Forward, j’ai eu l’impression d’entrer dans un kaléidoscope sonore où chaque couleur rythmique se réfléchit dans une vibration physique, presque tactile.

Dès les premières images de la vidéo de Forward sur la chaîne officielle* (coupée de tout effet narratif artificiel mais joyeusement intégrée à la musique), on ressent que Federica Colangelo ne fait rien comme les autres. L’écran n’est pas un cadre, mais un espace de circulation — un terrain de jeu visuel et musical où chaque plan respire comme la musique elle-même, sans jamais être figé ou contemplatif. Cela dit beaucoup de l’album : ici, la caméra épouse la forme des sons plutôt qu’elle ne les illustre.

Ce qui frappe d’emblée, au fil des motifs visuels, c’est la manière dont la vidéo traduit en images la pulsion rythmique qui traverse Forward. Au piano, Colangelo est une force qui ne joue pas seulement des notes : elle convoque des espaces. La vidéo capte cette démarche — pas comme une performance statique, mais comme une danse subtile entre temporalité, regard, respiration et mouvement du corps. Ce piano n’est pas un instrument, c’est une chambre d’échos mentaux où l’intellect et le ressenti se rencontrent.

La présence de BC Manjunath dans la formation — l’un des percussions les plus respectés du monde Carnatic — n’est pas anecdotique. Dans la vidéo, les plans par séquences rythmées suggèrent presque l’énergie d’un jeu de konnakol projeté visuellement : des micro-battements, des pulsations qu’on pourrait lire comme autant de glyphes du temps. L’image devient un véritable partenaire du son, une surface réactive où l’harmonie entre traditions jazz et rythmes indiens se fait ludique et vivante.

Ce qui m’a personnellement capturé, c’est la manière dont la vidéo ne s’attarde jamais sur l’idée de performance comme spectacle isolé. Les plans sont organiques, parfois légers, parfois concentrés sur des détails inattendus — mains, instruments, air, gestes vibrants, mais jamais clinquants. L’effet ? On entend la musique avec les yeux autant qu’on la voit avec les oreilles. Une esthétique qui dit autant du morceau que des intentions de Colangelo : il faut sentir, pas seulement écouter.

Musicalement, le trio — avec Igor Legari et Giovanni Nardiello — joue avec une fluidité étonnante entre structure et liberté. Et la vidéo, en suivant cette logique, oscille entre des images calmes et des secousses rythmiques visuelles qui semblent incarner la tension interne du morceau. Comme si l’écran était une membrane réactive, pulsant au même tempo que les lignes musicales.

C’est là que Forward dépasse la simple idée de musique ou de vidéo musicale : il devient une expérience esthétique complète, une œuvre qui se tient debout entre jazz contemporain, composition savante et narration visuelle intuitive. Et c’est précisément cette intégration profonde entre le son et l’image qui rend la vidéo indispensable à la compréhension du projet. Elle ne montre pas Forward ; elle le rend tangible.

Regarder la vidéo de Forward n’est pas un acte passif. C’est accepter de se laisser traverser par des motifs que l’on ne comprend pas immédiatement, mais qui résonnent longtemps après que l’écran s’éteint. C’est une expérience où l’œil et l’oreille s’accordent pour lire la musique comme une architecture du mouvement, et où l’espace visuel devient une partition inédite.

Pour découvrir plus de nouveautés du moment, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVANOW ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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