Avec « talk me thru it », Tonii transforme le frisson d’un regard échangé en piste de danse intérieure, là où la timidité devient fantasme et la nuit, promesse.
Tout commence dans un espace familier, presque domestique : une chambre transformée en studio, Los Angeles en arrière-plan, et cette envie soudaine de sortir du cadre. talk me thru it marque un léger pas de côté dans la trajectoire de Tonii, connue pour ses ballades romantiques feutrées. Ici, elle garde la sensualité, mais change le tempo. Le cœur bat plus vite, les hanches s’autorisent un mouvement, et la voix, toujours soyeuse, glisse désormais sur une rythmique pensée pour la nuit.
Le morceau avance comme une scène de film qu’on rejouerait en boucle. Le bar est plein, la musique trop forte pour réfléchir, et pourtant tout se fige quand deux regards se croisent. talk me thru it capte précisément cet instant suspendu : celui où le désir n’a pas encore trouvé ses mots, où l’imaginaire fait tout le travail. Tonii chante la projection, l’attente, le scénario rêvé. Elle ne raconte pas une histoire achevée, mais un possible, et c’est là que la chanson touche juste.
Musicalement, la filiation avec la rnb dance moderne est assumée sans jamais virer à l’exercice de style. La production de Remdolla pose un groove souple, élégant, presque nonchalant, sur lequel les harmonies vocales s’empilent comme des pensées qui se bousculent. Rien n’est trop appuyé : la basse suggère plus qu’elle n’impose, les textures respirent, laissant de l’espace à la voix. Cette retenue donne au morceau une chaleur particulière, une intimité rare pour un titre taillé pour la danse.
Le vrai basculement arrive dans le dernier tiers, lorsque Tonii se risque au rap pour la première fois. Pas comme un gimmick, mais comme une extension naturelle du récit. Le flow reste doux, presque murmuré, comme si elle se parlait à elle-même, franchissant une limite qu’elle s’était jusque-là refusée. Ce moment agit comme une déclaration d’indépendance artistique : Tonii élargit son territoire sans renier ce qui fait sa singularité.
talk me thru it résonne aussi par ce qu’il représente. Une chanson de désir queer noir, écrite sans filtre ni justification, simplement vécue. Elle ne revendique pas bruyamment, elle existe. Et cette existence-là, dansante, flirty, vulnérable, a quelque chose de profondément politique sans jamais être pesant.
Au final, Tonii livre un titre qui s’écoute autant avec le corps qu’avec le cœur. Un morceau pour les nuits entre amies, pour les regards qui durent trop longtemps, pour celles qui savent que parfois, tomber amoureuse commence par oser imaginer. talk me thru it ne demande pas la permission : il invite, doucement, à entrer dans la danse.
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