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Mogipbob débarque avec « High on the Hog » : chronique des prairies, groove vintage et second degré rural assumé

Mogipbob débarque avec « High on the Hog » : chronique des prairies, groove vintage et second degré rural assumé
  • Publishedfévrier 13, 2026

Dans les grandes plaines de l’Alberta, on pourrait croire que rien ne bouge. Puis surgit High on the Hog, et tout se met à chalouper doucement.

Sous le nom de Mogipbob, Jason Graves construit un album qui respire la poussière des routes secondaires, les bars de petite ville et les discussions qui s’éternisent après le travail. Douze titres, écrits intégralement par lui, portés par une approche singulière : paroles et mélodies façonnées à la main, interprétation générée via outils d’IA. Le résultat n’a pourtant rien de froid. Au contraire, l’ensemble sonne comme un disque qui a traîné dans un pick-up toute une saison.

Le morceau-titre, “High on the Hog”, ouvre le bal avec une nonchalance funky qui flirte avec la soul 70s. Basse ronde, groove détendu, sourire en coin : Mogipbob pose son univers, entre fierté modeste et ironie tendre. “She’s Too Hairy for Me” et “Blame the Cat” jouent la carte de l’humour frontal, presque burlesque, mais jamais gratuit. Il y a dans ces chansons une tradition country de l’anecdote amplifiée, racontée comme on la dirait autour d’une table.

“Eileen” ralentit le tempo et installe une dimension plus narrative, presque cinématographique. Les accords s’étirent, la mélodie respire. Même chose pour “The Longest Goodbye”, l’un des sommets émotionnels du disque, où la légèreté laisse place à une mélancolie simple, sans emphase inutile. “When Summer Fades” clôt l’album sur une note plus contemplative, évoquant ces fins de saison où l’on mesure le temps qui passe sans drame, mais avec lucidité.

Entre ces pôles, Mogipbob glisse des instantanés savoureux : “Even Steven”, “Gimme That Dirty Bird”, “She Thickened Up”, “Soap on a Rope”, “Them There Blazers”, “Unemotional Rollercoaster”. Chaque titre fonctionne comme un mini-récit. On y retrouve une écriture conversationnelle, directe, presque parlée, qui rappelle que la force du projet réside avant tout dans le songwriting.

Musicalement, l’album mélange textures acoustiques, tournures country classiques et clins d’œil funk-pop hérités des années 70. Rien n’est surproduit. Les grooves restent souples, les refrains accrocheurs sans chercher l’hymne forcé.

High on the Hog ne cherche pas à révolutionner le genre. Il s’inscrit dans une tradition : celle des raconteurs d’histoires qui observent leur environnement avec humour, lucidité et une pointe d’autodérision. Dans un paysage saturé d’effets, Mogipbob choisit la mélodie et la sincérité. Et parfois, c’est exactement ce qu’il faut.

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Written By
Extravafrench

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