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Solum livre “Forget” : l’hyperpop comme vertige amoureux, ou comment s’auto-effacer dans un glitch de lumière

Solum livre “Forget” : l’hyperpop comme vertige amoureux, ou comment s’auto-effacer dans un glitch de lumière
  • Publishedfévrier 13, 2026

“Forget” capture l’instant précis où l’amour devient surcharge, saturation, court-circuit émotionnel.

Solum ne cherche plus à serrer les guitares contre lui pour exorciser ses démons post-punk. Cette fois, il les dissout dans le pixel, il les pulvérise dans le BPM. “Forget” n’est pas un simple virage stylistique ; c’est une mue. Une sortie de peau. Une traversée vers une hyperpop nerveuse et iridescente qui palpite comme un cœur sous caféine.

Dès les premières secondes, le beat claque avec une précision presque chirurgicale. On sent la patte artisanale : Solum pose les fondations, structure la maquette, puis laisse Amorii, depuis Angelic Studios, injecter cette brillance synthétique, cette tension numérique qui donne au morceau sa dimension quasi hallucinatoire. Les textures électroniques scintillent comme des néons sous pluie londonienne. Chaque détail sonore – micro-glitch, montée filtrée, basse compressée – agit comme une impulsion nerveuse.

Les influences de la scène hyperpop américaine planent, oui. Glaive pour la vulnérabilité juvénile, Ericdoa pour l’urgence mélodique, Gunnr pour l’intensité brute. Mais Solum ne copie pas : il absorbe, il distord, il réinterprète. Ce qui me frappe, c’est la manière dont la production traduit physiquement l’obsession amoureuse. La rythmique ne laisse aucun espace pour respirer. Les nappes synthétiques saturent le spectre, comme si l’air manquait réellement. L’amour n’est plus caresse, il devient envahissement.

L’écriture épouse cette logique. Pas de romantisme alangui. “Forget” parle d’un attachement qui dépasse la simple passion pour glisser vers la dépendance. Quand l’autre devient centre de gravité absolu, le monde autour se floute. Le morceau rend ce vertige tangible : refrains expansifs, couplets presque fragiles, comme si la voix oscillait entre confession et implosion.

Ce qui rend ce single significatif, c’est moins le changement de genre que la prise de risque. Quitter un terrain post-punk familier pour s’aventurer dans un espace hyperpop, c’est accepter de perdre ses repères. Et paradoxalement, c’est peut-être là que Solum se trouve le plus.

“Forget” n’est pas un simple hymne à l’amour toxique. C’est un autoportrait en surcharge émotionnelle. Une tentative de se libérer d’un sentiment si puissant qu’il écrase tout le reste. Oublier pour survivre. Oublier pour redevenir soi. Et dans cette tension entre désir et effacement, Solum signe son morceau le plus audacieux à ce jour.

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Written By
Extravafrench

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