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ABADAY “Nosleep” : la pop sous tension qui refuse la pause et transforme l’insomnie en manifeste

ABADAY “Nosleep” : la pop sous tension qui refuse la pause et transforme l’insomnie en manifeste
  • Publishedfévrier 24, 2026

Un disque court, tranchant, hyperactif, où chaque hook semble écrit à la caféine et monté au cutter.

Il fallait que ça s’appelle “Nosleep”. Pas pour le gimmick, mais parce que tout, dans cet album, respire l’éveil forcé. ABADAY ne compose pas dans le confort : il écrit comme on pense à 3h17 du matin, quand le cerveau refuse de se taire. Résultat : une pop compacte, frontale, qui avance sans regarder en arrière.

Dès “אספנית”, il pose les bases d’un univers fait d’accumulation émotionnelle. Le morceau parle de collection — de souvenirs, d’attachements, de failles — mais la production, elle, reste minimaliste et nerveuse. Cette tension entre surcharge intérieure et structure millimétrée crée un contraste puissant. On sent le DIY dans la manière d’aller droit au but, sans couches inutiles.

“לאבה” embrase immédiatement l’atmosphère. C’est un morceau d’attitude, presque performatif. ABADAY y joue avec l’intensité comme avec un interrupteur qu’il pousserait volontairement au maximum. Les refrains sont courts, incisifs, faits pour claquer. Il y a là une pop qui assume son énergie brute sans chercher l’habillage glossy.

Sur “תגידי ביי”, la collaboration avec Edri Cohen apporte un relief supplémentaire. Le titre fonctionne comme une scène de rupture accélérée, un échange vif où les voix se croisent et se répondent. Ce n’est pas une ballade triste : c’est une séparation dite vite, fort, presque avec ironie. Le refrain s’incruste instantanément, mais ce qui marque vraiment, c’est la dynamique du duo.

“כאבים” introduit une profondeur plus sombre. Le mot signifie “douleurs”, et le morceau explore cette vulnérabilité sans tomber dans la plainte. La rythmique reste tendue, comme si même la fragilité devait rester en mouvement. ABADAY évite le pathos : il préfère l’urgence.

“עפה” offre une respiration plus aérienne. Le titre plane, presque euphorique, tout en gardant cette tension de fond. On y sent un désir d’évasion, de décollage émotionnel. Puis “וואלה לה”, de nouveau avec Edri Cohen, joue sur une énergie plus expansive, presque théâtrale, comme une conversation amplifiée par les néons d’une nuit trop longue.

“סופה” est le cœur battant du chaos. Une tempête synthétique, rapide, tendue, qui ne laisse aucun espace mort. L’impression d’un monde qui accélère plus vite que la capacité à le digérer. Enfin, “פריק” referme le disque comme une déclaration d’identité. ABADAY y revendique la différence, le décalage, le côté outsider. Pas comme une posture marketing, mais comme une réalité assumée.

“Nosleep” n’est pas un album qui cherche la grandeur épique. Il vise la précision. Il va vite, il coupe court, il s’imprime. Dans un paysage pop souvent lissé jusqu’à l’oubli, ABADAY choisit la nervosité, la sincérité brute et la répétition addictive. Et au final, on comprend que l’insomnie ici n’est pas un manque — c’est un carburant.

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Written By
Extravafrench

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