Et si la pop alternative devenait un manuel de survie pour trottoirs sous tension ?
À 58 ans, 50mething n’entre pas dans la musique comme on entre dans une industrie. Il y entre comme on revient à une conversation interrompue. Ancien danseur, ancien jardinier, auteur d’une soixantaine de titres dormants, il avance sans plan marketing tapageur, mais avec un regard acéré sur son époque. “Loose Change (Gone Electric)” en est la preuve la plus mordante.
Le morceau repose sur une base pop alternative nerveuse, portée par une rythmique presque sautillante qui contraste volontairement avec la gravité du sujet. Dès les premières mesures, une ligne de basse claire et dynamique installe un groove urbain. La batterie reste directe, sans fioritures, donnant au titre une énergie accessible, presque ironique.
Puis la voix entre — mi-récit, mi-constat. Le ton n’est ni moralisateur ni dramatique. Il est pince-sans-rire. 50mething parle de vols de téléphones à l’arraché, de scooters électriques devenus véhicules de fuite, de trottoirs transformés en zones à risque. Mais au lieu d’un pamphlet, il choisit le décalage. Le refrain accroche, presque léger, comme si l’absurdité de la situation devait être chantée pour être digérée.
Ce qui fonctionne, c’est le contraste. Le sujet est contemporain, presque anxiogène, mais le traitement reste ludique. On sent l’influence d’artistes comme Prince ou Stevie Wonder dans cette capacité à glisser un commentaire social dans une structure mélodique accrocheuse.
La production n’est pas surchargée. Synthés propres, guitare rythmique discrète, quelques touches électroniques pour rappeler le “gone electric” du titre. Rien d’ostentatoire. Le morceau avance avec efficacité, comme une chronique musicale des nouvelles menaces du quotidien.
Mais derrière l’humour, il y a une cohérence. Depuis ses précédents titres — du témoignage personnel face à la maladie aux hommages engagés — 50mething inscrit sa musique dans le réel. “Loose Change” s’ajoute à cette cartographie sociale.
Ce qui rend le projet intéressant, c’est aussi son timing biographique. Revenir à la musique après des décennies, à l’heure où beaucoup parlent de retraite, donne à son propos une forme de liberté. Il n’a rien à prouver. Il observe, il écrit, il enregistre.
“Loose Change (Gone Electric)” n’est pas un cri. C’est un clin d’œil lucide.
Et parfois, l’ironie est l’arme la plus affûtée.
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