« Get Loose » de Sam B-K transforme le chaos du monde en invitation à danser, et Sheffield n’a jamais sonné aussi libérateur. »
Il y a quelque chose de profondément britannique dans la façon dont Sam B-K aborde le désastre collectif. Pas la résignation polie, pas l’indignation performative, plutôt cette philosophie toute particulière des gens du Nord de l’Angleterre qui consiste à regarder le ciel gris en haussant les épaules et en mettant la guitare plus fort. Sheffield a toujours produit ce genre d’artistes. Des gens qui transforment la grisaille en carburant.
« Get Loose » arrive comme une gifle affectueuse. Le riff d’ouverture s’installe avec cette immédiateté des grands titres rock qui n’ont pas besoin d’introduction, des morceaux qui commencent déjà à mi-chemin d’une énergie qu’on n’attendait pas forcément mais qu’on accepte sans résistance. La filiation revendiquée entre Jarvis Cocker et Queens of The Stone Age n’est pas un simple exercice de name-dropping dans un presskit : elle s’entend réellement dans la tension entre le groove un peu tordu et l’arrogance mélodique, entre la pop qui accroche et le rock qui gratte.
Ce que Sam B-K fait avec ce titre, c’est offrir une sortie de secours sonore à ceux qui ont trop regardé les informations. Le message est simple et assumé jusqu’au bout : débranche, mange ton dîner, chante sous la pluie. Ce minimalisme philosophique aurait pu sonner creux entre les mains d’un artiste moins convaincant. Ici, porté par un riff accrocheur et les harmonies vocales de ZERTRA à la basse, il sonne comme une évidence.
Le « Rock N Roll Jedi » de Sheffield n’invente pas la roue. Il la fait simplement tourner plus vite, et avec beaucoup plus de style.
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