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Sept ans et demi que Kevin Driscoll attend d’écrire « Put It Behind Me », et ça s’entend dans chaque mesure

Sept ans et demi que Kevin Driscoll attend d’écrire « Put It Behind Me », et ça s’entend dans chaque mesure
  • Publishedmars 16, 2026

Kevin Driscoll met des mots sur ce que beaucoup n’osent même pas penser tout bas : « Put It Behind Me » est la chanson de tous ceux qui savent qu’il faut lâcher prise mais qui n’y arrivent pas encore vraiment.


Sept ans et demi. Pas sept ans. Sept ans et demi, avec ce demi qui dit tout sur la précision douloureuse avec laquelle Kevin Driscoll compte le temps depuis ce divorce qu’il a lui-même choisi. Parce que c’est ça, la chose qu’on n’explique jamais vraiment aux gens qui ne l’ont pas vécu : choisir de partir n’élimine pas le deuil. Parfois ça le complique, ça ajoute une couche de culpabilité par-dessus la perte, ça rend le chagrin moins lisible socialement, moins légitime aux yeux des autres. Kevin Driscoll n’essaie pas de le rendre plus légitime. Il l’écrit simplement, honnêtement, depuis Jacksonville, Floride, avec une guitare acoustique et une basse et tout ce qu’il n’a pas réussi à laisser derrière lui.

« Put It Behind Me » marque un tournant dans sa discographie pour une raison précise et technique : c’est la première fois qu’il utilise de l’orchestration. Et cette décision-là n’est pas anodine. L’orchestre en musique de chambre a cette capacité particulière de dire les choses que la voix seule ne peut pas porter, de remplir l’espace émotionnel autour des mots avec quelque chose de plus grand, de plus ancien, de moins personnel et donc paradoxalement de plus universel. RHRi a composé les arrangements orchestraux et la contribution est, selon Driscoll lui-même, indéfinissable en mots : il a pleuré en les entendant pour la première fois. Ce genre de réaction ne se fabrique pas.

La généalogie musicale déclarée dit tout sur la nature du projet : Janis Ian, Dan Fogelberg, Leonard Cohen, Todd Rundgren, Joni Mitchell. Ces artistes partagent quelque chose d’essentiel, cette façon de traiter la blessure intime avec une précision chirurgicale et une générosité totale, de transformer la confession personnelle en expérience collective sans jamais trahir la singularité du vécu. Driscoll s’inscrit dans cette tradition avec une humilité qui est en elle-même une forme de maîtrise : il ne surjoue pas, il ne cherche pas la démonstration vocale ou instrumentale, il raconte.

L’enregistrement au Long Jump Records à Jacksonville dans cette atmosphère détendue que le studio cultive se ressent dans la texture finale. « Put It Behind Me » a la chaleur des choses enregistrées sans urgence excessive, dans un espace où les gens font confiance aux autres et au processus, où la prise de son n’est pas une bataille contre le temps.

Lâcher prise. Deux mots qui paraissent simples jusqu’au moment où on essaie vraiment.

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Extravafrench

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