« The Good Part » est ce vertige rare d’une chanson qui parle de l’instant où une chanson te prend vraiment : Drew Neirin a mis le doigt sur le mystère, et en le nommant, il l’a recréé.
Bath, Angleterre. Drew Neirin a posé sa guitare blues, ouvert un carnet, et décidé d’écrire sur ce moment précis — ce frisson particulier, cette seconde suspendue dans n’importe quelle chanson où l’on cesse d’écouter pour commencer à ressentir. Pas la première mesure, pas le chorus attendu : le bon endroit. Celui qu’on ne sait jamais situer à l’avance mais qu’on reconnaît instantanément quand il arrive, comme une lumière qui change d’angle sans prévenir.
L’exercice est périlleux à un niveau presque philosophique. Écrire une chanson sur ce qui fait qu’une chanson fonctionne, c’est s’exposer à l’échec absolu : si le morceau ne produit pas lui-même cette sensation qu’il prétend décrire, l’ironie devient cruelle. Drew Neirin relève ce défi avec une aisance qui trahit des années de scène, cette intimité naturelle avec la musique qu’on développe non pas en studio mais en regardant les gens réagir soir après soir quand quelque chose les touche vraiment.
Le blues irrigue tout ça silencieusement. On ne l’entend pas comme un style revendiqué mais comme une façon d’habiter les notes, de laisser certaines phrases traîner une demi-seconde de plus que le temps strictement nécessaire, cette qualité temporelle particulière des grands blues players que Drew Neirin a visiblement absorbée jusqu’aux os. La BBC a parlé de phénomène. On comprend pourquoi : sa voix porte cette qualité de conviction organique, cette impression que chaque mot vient d’un endroit réel avant de venir d’une partition.
L’americana et le rock alternatif donnent au morceau sa structure portante sans jamais écraser l’âme soul qui en constitue le centre nerveux. C’est une production qui sait exactement ce qu’elle est et ne cherche pas à être autre chose, cette cohérence-là produisant une confiance communicative qui traverse les enceintes avec une facilité déconcertante.
« The Good Part » n’est pas son dernier single. Mais c’est celui qu’il joue encore à chaque concert, celui que le public reconnaît, celui qui reste. Drew Neirin le sait, et cette humilité-là, cette façon d’assumer qu’une vieille chanson peut valoir mieux qu’une nouvelle, dit quelque chose d’essentiel sur sa façon de comprendre ce que faire de la musique signifie vraiment.
La bonne partie, c’est ici. Et elle dure.
Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :
