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William X Nietzche en 10 questions

William X Nietzche en 10 questions
  • Publishedmars 25, 2026

William X Nietzche parle comme on ouvre une plaie à l’air libre. Pas pour choquer, mais pour ne pas mentir. Depuis North Mississippi Avenue à Portland, où il se décrit comme l’un des derniers propriétaires noirs et autochtones encore debout dans un quartier retourné par la gentrification, il fait du hip-hop conscient qui refuse l’oubli. Son histoire est lourde, traversée par la prison, les tribunaux, la souveraineté revendiquée, l’étude obsessionnelle des textes (dictionnaire, livres religieux, droit, philosophie) et une mémoire familiale marquée par la violence coloniale. Il appelle ça du “Prophetic Drama Rap” : du rap-prophétie, dramatique, frontal, où la musique devient preuve, et la preuve, un refrain. Voici l’entretien, maintenant.


1) Qui es-tu ?
Je m’appelle William X Nietzche. Je suis un artiste, un juriste autodidacte, et l’un des derniers propriétaires noirs et autochtones encore présents sur North Mississippi Avenue à Portland, dans l’Oregon. Je fais du hip-hop conscient qui dit la vérité sur ce qui est arrivé à ma communauté — et sur la façon dont on continue à se battre.

2) Quel est ton parcours ?
Je viens de lignées mêlées : européennes, mauresques et autochtones américaines. Je suis membre inscrit de la tribu Upper Skagit, dans le Grand Nord-Ouest Pacifique. Je suis né et j’ai grandi à Portland.

Je suis allé en prison à 17 ans pour un accident de voiture mortel, et j’ai purgé une peine de 2002 à 2007. Puis j’ai fait encore cinq ans pour avoir conduit sans permis — de 2010 à 2014. Le jour de ma sortie en 2014, j’ai passé mon permis de conduire de l’Oregon.

En détention, j’ai lu plusieurs fois l’American Heritage Dictionary. La Bible, le Coran, d’autres textes religieux. J’ai passé énormément de temps à la bibliothèque juridique à étudier les procédures d’appel. Philosophie, sciences politiques, prise de parole. En bref : je suis un homme simple, ordinaire, attaché à la vérité.

3) Comment décrirais-tu ton art en quelques mots ?
Du “rap dramatique prophétique”.

4) Quelles sont tes inspirations ?
Ma mère. La fierté qu’elle a inculquée à moi et à mes frères et sœurs : être qui nous sommes en tant que peuples autochtones — survivants de tentatives répétées d’extermination. Notre tribu, les Upper Skagit, a été délibérément visée par le gouvernement américain avec des couvertures infectées à la variole.

Musicalement, au début : 2Pac. Plus tard : Ibrahim Traoré.

5) Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ? (Quelques artistes et/ou morceaux.)
“War” et “Redemption Song” — Bob Marley
“Breathin’” — 2Pac
“All the Stars” — Kendrick Lamar & SZA

6) Quel est le plat que tu cuisines le mieux ?
Un bon jambalaya du Sud, sans porc, et le poulet frit de Nietzche.

7) Quels sont tes projets à venir ?
Un album qui sort bientôt : De-Program.

8) Une anecdote drôle ou surprenante ?
On m’a proposé un accord : cinq ans de probation, par un avocat noir qu’on a forcé à me représenter au procès, malgré ma compétence évidente à me défendre moi-même. Pour faire taire ma position de souveraineté, le tribunal m’a imposé une interdiction de parler — en menaçant littéralement de m’attacher à un fauteuil roulant et de me faire entrer au tribunal bâillonné si j’essayais de parler pendant mon procès en 2010 devant la juge Leslie Roberts.

J’ai essayé d’expliquer au jury (entièrement blanc) que l’avocat nouvellement désigné, James Britt, ne connaissait pas mon dossier et ne pouvait pas me représenter. À mesure que j’essayais de parler, la juge a empilé 12 accusations d’outrage au tribunal. Au lieu d’accepter l’accord à cinq ans de probation, le jury m’a condamné. Résultat : cinq ans… pour conduite sans permis.

Juste avant ma libération en 2014, James Britt est mort en 2013 d’un anévrisme cardiaque. Cette même année, les avocats précédents de mon dossier, Des et Shannon Connall, sont aussi morts dans une synchronisation difficile à expliquer.

Shannon Connall est décédée en juillet 2013 après une chute chez elle ; elle avait 44 ans. Des Connall, son père — ancien procureur du comté de Multnomah et avocat pénaliste réputé — est mort en décembre à 83 ans, à la suite de complications d’une chirurgie cardiaque. The Oregonian a rapporté que Shannon avait rendu sa licence d’avocate en 2010 dans le cadre d’une enquête disciplinaire, puis avait plaidé “no contest” pour un vol au premier degré. Des avait quitté le barreau de l’Oregon en octobre 2013, quelques mois avant sa mort.

Moralité : si vous pensez pouvoir faire durer le mal à travers des positions de pouvoir, réfléchissez-y à deux fois. Le karma, la volonté de Dieu et la revanche… c’est réel.

9) Si tu pouvais passer 48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré, qui serait-ce ?
Taylor Swift. Un morceau country croisé avec mon écriture hip-hop consciente, ce serait fun. J’écris vite — parfois en quelques heures, parfois en quelques minutes. “First 48” avec Tay sur un track country-rap ? Let’s go.

10) Un dernier mot ou conseil ?
Chaque homme et chaque femme libre est gouverné par son propre consentement. C’est inscrit dans la Déclaration d’Indépendance, et c’est aussi du simple bon sens : si une personne est capable de gérer ses affaires, le gouvernement devient inutile. C’est le droit de contrôler sa propre destinée.

Pour découvrir plus de nouveautés RAP, HIP-HOP, TRAP et DRILL n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVARAP ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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