« Love For It » sent le soleil couchant sur Sunset Boulevard : Klarck a capturé ce moment précis où l’on pédale sans destination et où ça suffit amplement.
Vingt-deux ans, Los Angeles, producteur. La biographie de Klarck tient en cinq mots et dit pourtant tout ce qu’on a besoin de savoir : quelqu’un de jeune qui fait de la musique depuis l’endroit le plus mythologisé de la planète, et qui a eu la sagesse de ne pas essayer de singer cette mythologie mais de simplement la vivre depuis l’intérieur.
« Love For It » part d’une idée simple et rarement aussi bien réalisée : créer pour l’amour de la chose, pas pour la validation. Cette philosophie-là, banale dans son énoncé, est révolutionnaire dans sa pratique pour quiconque a déjà fait de la musique en guettant les streams et les commentaires. Klarck l’incarne dans la production elle-même : rien dans ce morceau ne cherche à impressionner, tout cherche à ressentir, et cette différence d’intention produit quelque chose d’immédiatement communicatif, cette décontraction contagieuse des gens qui ont arrêté de vouloir prouver quoi que ce soit.
La deep house fournit les fondations chaudes avec ces basses qui roulent doucement, cette pulsation régulière qui ressemble à la ville qui respire plutôt qu’à la ville qui court. Le disco vient y déposer ses reflets, ces lignes de basse funky et ces accords qui portent en eux la mémoire de salles de danse où des gens ont été heureux avant qu’on invente les algorithmes. Et la chill house enveloppe l’ensemble dans cette lumière de fin d’après-midi, ce ralentissement volontaire du tempo émotionnel qui donne au morceau sa qualité de pause dans le flux.
Klarck décrit « Love For It » comme le sentiment de dériver sous les palmiers sans avoir nulle part à être. Cette absence d’urgence est elle-même un état de grâce difficile à atteindre musicalement : beaucoup de producteurs qui cherchent la décontraction produisent de l’ennui. Klarck produit de l’espace, et la différence est immense.
LESIXTYNINE MUSIQUE comme label : encore cette liberté de nommer les choses comme on le sent, sans stratégie de marque.
Le soleil se couche sur Los Angeles. Klarck pédale. On est bien.
Pour découvrir plus de nouveautés CLUB et ÉLECTRO, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVACLUB ci-dessous :
