« “Life I Chose” marque la renaissance d’OFFICA : moins un retour qu’une mue spectaculaire. »
On reconnaît les artistes sérieux à un détail simple : ils acceptent de décevoir ceux qui voulaient les voir refaire la même chose. “Life I Chose” commence précisément là. OFFICA aurait pu capitaliser sur ses anciennes certitudes, recycler les recettes qui l’ont rendu viral, rester figé dans l’image rentable du phénomène drill. À la place, il choisit le risque. Et ce choix s’entend dès les premières secondes.
L’introduction surgit comme une ouverture de film. Pas une entrée pressée, mais une mise en scène. Le morceau prend son temps, installe un climat dramatique, presque cérémoniel, avant de libérer sa vraie nature : une poussée afro-house ample, tendue, profondément physique. On ne bascule pas dans le drop ; on entre dans un territoire.
Ce qui impressionne ici, c’est la gestion des contrastes. La production conjugue percussion organique, basses solides, espaces aériens et nappes quasi cinématographiques. Le titre oscille sans cesse entre introspection et euphorie, entre mémoire et projection. On sent une volonté de grandeur, mais jamais la lourdeur qui accompagne parfois les morceaux “ambitieux”. Tout reste mobile, respirant, efficace.
OFFICA, lui, rappe avec une nouvelle posture. Plus posé, plus tranchant, moins démonstratif. La voix ne cherche plus à convaincre par la vitesse ou la posture ; elle impose une présence adulte. On entend un artiste qui a compris que le charisme n’a pas besoin de surjouer. Son flow traverse le morceau comme un homme qui connaît enfin le plan de la ville après des années à s’y perdre.
Le plus passionnant reste sans doute l’identité sonore du titre. OFFICA a toujours porté plusieurs mondes en lui — Irlande, diaspora africaine, culture UK, énergie internet, sens du gimmick moderne. “Life I Chose” est peut-être la première fois où tout cela fusionne avec une telle évidence. Rien ne sonne plaqué. Les influences ne sont plus des accessoires, elles deviennent langage.
Le morceau raconte aussi quelque chose de très contemporain : la fatigue d’être réduit à une époque de soi-même. Beaucoup d’artistes deviennent prisonniers du moment qui les a révélés. OFFICA refuse cette cellule dorée. Il préfère l’évolution à la nostalgie des statistiques.
J’imagine parfaitement “Life I Chose” résonner dans des lieux très différents : club londonien, plage de Lagos, voiture solitaire à Dublin, festival européen à 2h du matin. C’est souvent le signe des morceaux qui dépassent leur niche : ils voyagent avant même de sortir.
Le titre n’efface pas le passé d’OFFICA, il le dépasse. Et dans une industrie obsédée par les copies conformes, voir un artiste casser son propre moule reste une joie rare.
“Life I Chose” n’est pas seulement un changement de direction. C’est le bruit exact d’une porte qu’on claque derrière soi pour aller plus loin.
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