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Music Rock

À Trondheim, Filip Dahl refuse la retraite et décolle plus haut que la jeunesse avec “Flying High”

À Trondheim, Filip Dahl refuse la retraite et décolle plus haut que la jeunesse avec “Flying High”
  • Publishedmai 2, 2026

« “Flying High” n’a rien d’un retour nostalgique : Filip Dahl y joue comme un homme qui sait encore où brûle le feu. »

Le rock a parfois ce défaut moderne : vouloir paraître jeune au lieu de rester vivant. Filip Dahl choisit l’autre voie. À l’écoute de “Flying High”, aucune tentative de rajeunissement cosmétique, aucun habillage opportuniste pour séduire l’algorithme du moment. Seulement une vérité bien plus rare : un musicien expérimenté qui entre dans le morceau avec l’assurance tranquille de ceux qui n’ont plus rien à prouver.

Dès les premières secondes, la guitare prend la parole comme un vieux pilote remonte dans son cockpit. Le geste est net, la ligne mélodique précise, le toucher habité. On entend immédiatement qu’ici la technique n’est jamais séparée de l’intention. Filip Dahl ne joue pas pour montrer qu’il sait jouer ; il joue pour raconter quelque chose. Nuance capitale, et devenue presque luxueuse.

“Flying High” porte admirablement son nom. Le morceau donne une sensation d’élévation continue, sans précipitation. Il avance comme une route panoramique plus que comme une course. Le classic rock, l’AOR, le blues, quelques inflexions progressives : tout cela circule naturellement dans la composition sans virer au catalogue de références. On pense parfois à Pink Floyd pour l’espace, à Kansas pour le souffle mélodique, à Deep Purple pour certaines tensions, mais Filip Dahl reste surtout identifiable à lui-même.

Ce qui frappe, c’est la qualité d’écriture instrumentale. Beaucoup de titres bâtis autour de la guitare se contentent d’empiler riffs et solos. Ici, les motifs reviennent avec intelligence, les transitions respirent, les montées savent attendre. Le morceau a été pensé par un compositeur, pas seulement exécuté par un guitariste. Cette différence s’entend immédiatement.

Le son mérite aussi qu’on s’y arrête. On sent l’oreille d’un ingénieur chevronné derrière la production : équilibre des fréquences, clarté des couches, chaleur jamais étouffante. Tout est lisible sans devenir clinique. La musique conserve du grain, du relief, une matière presque artisanale.

Personnellement, j’aime ce genre de sortie parce qu’elle rappelle une chose essentielle : l’âge n’use pas les artistes, la répétition vide oui. Filip Dahl, lui, continue de chercher. Il y a dans “Flying High” une énergie de recommencement, comme si chaque nouveau morceau devait encore mériter sa place.

Le titre fonctionne alors sur deux niveaux. Oui, il y a l’envol musical, la noblesse mélodique, la guitare qui prend de l’altitude. Mais il y a aussi un symbole plus beau : celui d’un créateur qui reprend son ciel après une pause, sans bruit, sans campagne tapageuse, simplement par la force du travail et du style.

“Flying High” n’est pas un morceau qui demande l’attention en criant. Il la gagne en volant plus haut que beaucoup d’autres. Et parfois, c’est exactement ainsi que les vrais vétérans rappellent qu’ils sont toujours là.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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