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Baba Vanga explose la piste orbitale avec “Spacefloors” comme si The Prodigy croisait Nirvana dans un trou noir

Baba Vanga explose la piste orbitale avec “Spacefloors” comme si The Prodigy croisait Nirvana dans un trou noir
  • Publishedmai 3, 2026

“Spacefloors” ne choisit jamais entre rave, rock et chaos : Baba Vanga préfère tout faire sauter en même temps.

On entend parfois des groupes annoncer un “nouveau son” comme on repeint un vieux mur. Baba Vanga, eux, semblent avoir dynamité la maison entière. “Spacefloors” débarque avec la brutalité joyeuse des morceaux qui n’acceptent aucune case préexistante. Ce n’est ni vraiment du rock, ni franchement du hip-hop, ni totalement de l’électro. C’est un accident heureux entre plusieurs collisions culturelles.

Le trio suédois part d’une configuration déjà atypique : batterie, synthé, guitare/voix. Pas de basse traditionnelle, donc pas de confort. À la place, les fréquences graves sont reconstruites par les claviers avec une lourdeur synthétique qui donne au morceau sa charpente industrielle. Cela change tout : “Spacefloors” pulse comme une machine artisanale, cabossée mais dangereusement efficace.

Le beat frappe avec un esprit rave sale, presque warehouse. On pense à ces productions anglaises des années 90 qui sentaient la sueur, la fumée et le stroboscope en surchauffe. Pourtant, Baba Vanga n’est pas dans la citation nostalgique. Ils injectent dans cette énergie une rugosité grunge, une tension live, un goût du débordement qui empêche toute lecture rétro.

Puis surgit la guitare, trafiquée, tordue, souvent plus atmosphérique que démonstrative. Elle ne cherche pas le solo héroïque ; elle agit comme une fuite de gaz dans le décor. Chaque effet semble ouvrir une brèche supplémentaire dans le morceau. C’est intelligemment pensé : la guitare n’est pas un symbole rock, elle devient un outil de désordre.

Le chant, lui aussi, refuse la ligne droite. Rap, cris contenus, falsetto, spoken rage : le frontman navigue entre plusieurs identités vocales avec une désinvolture presque punk. Cette instabilité donne du relief. On ne sait jamais exactement quelle version de lui surgira à la mesure suivante.

Ce que j’aime surtout dans “Spacefloors”, c’est sa générosité anarchique. Beaucoup de groupes alternatifs contemporains sont obsédés par la posture, la noirceur stylisée, le bon dosage d’ironie. Baba Vanga, eux, ont l’air de vouloir s’amuser sérieusement. Cela peut sembler contradictoire ; c’est pourtant rare. Ils prennent la musique au sérieux sans se prendre eux-mêmes au sérieux.

Personnellement, ce morceau me rappelle pourquoi certaines chansons imparfaites restent plus excitantes que des productions impeccables : elles vivent. Elles débordent du cadre. Elles transpirent une envie réelle de secouer l’auditeur plutôt que flatter ses habitudes.

“Spacefloors” porte bien son nom : on y danse comme dans une station spatiale qui aurait perdu toute gravité. Le plafond vacille, les styles se mélangent, les repères fondent. Et au milieu de ce vacarme organisé, Baba Vanga trouve quelque chose de précieux : une identité immédiatement reconnaissable.

Dans un paysage saturé d’algorithmes prudents, voilà un morceau qui choisit le risque, la vitesse et le grand n’importe quoi maîtrisé. Excellente idée.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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