« « Dreaming In Colour » dévoile Monsieur Mellow comme un architecte de songes électroniques, capable de transformer une quête intérieure en indietronica lumineuse, tendre et doucement vertigineuse. »
Monsieur Mellow porte un nom qui semble avoir été trouvé au réveil, dans cette minute floue où le réel n’a pas encore repris tous ses droits. Et c’est exactement là que « Dreaming In Colour » s’installe : dans l’entre-deux, dans la vapeur, dans cette zone où les souvenirs, les désirs et les doutes se mélangent comme des pigments encore humides. Pour un premier EP, le projet solo de Callum MacDonald, moitié de daste., ne cherche pas l’effet d’annonce tonitruant. Il préfère l’apparition. Une entrée par la lumière latérale, les textures qui respirent, les détails qui se révèlent lentement, comme si la musique avait choisi de ne pas tout dire au premier regard.
« Dreaming In Colour » sonne comme le journal chromatique d’une mue. Dix-huit mois de recherche, de déplacement intérieur, de remise en forme sensible, condensés dans une indietronica qui ne confond jamais douceur et mollesse. Il y a dans ces quatre titres l’élégance des artistes qui savent produire sans vitrifier, sculpter sans étouffer. Les sons semblent flotter, oui, mais ils ont une ossature. Les nappes électroniques ne servent pas seulement à créer une ambiance : elles deviennent une météo émotionnelle, un ciel mouvant sous lequel la voix peut hésiter, s’éclaircir, disparaître presque, puis revenir avec une sincérité désarmante.
Ce qui séduit dans l’univers de Monsieur Mellow, c’est cette capacité à rendre l’introspection physique. On pourrait imaginer une musique trop cérébrale, trop soigneusement rangée dans le tiroir des producteurs sensibles. Au contraire, « Dreaming In Colour » garde une pulsation humaine, une chaleur discrète, quelque chose de presque tactile dans la manière dont les boucles, les basses souples et les éclats mélodiques viennent frôler l’oreille. L’EP ne plane pas au-dessus de nous ; il marche à côté, en silence, avec ce calme un peu étrange des compagnons nocturnes.
Callum MacDonald connaît l’art de la nuance. Son passé avec daste. se devine dans le goût des atmosphères soignées, des grooves feutrés, des harmonies qui semblent sourire sans trop appuyer. Mais Monsieur Mellow ouvre une pièce plus personnelle, plus intérieure, peut-être plus fragile aussi. Le projet ne semble pas vouloir prouver qu’il peut exister seul ; il existe déjà, naturellement, dans cette manière de faire dialoguer la pop rêveuse et l’électronique contemplative sans jamais forcer leur rencontre.
« Dreaming In Colour » n’est pas seulement un titre joli. C’est une méthode. Rêver en couleur, ici, c’est refuser le noir et blanc émotionnel, accepter que la reconstruction passe par des nuances, des demi-teintes, des éclats inattendus. Monsieur Mellow signe une première collection délicate et immersive, un refuge électronique pour les esprits qui reviennent doucement à eux-mêmes. Une musique de chambre intérieure, mais avec les fenêtres ouvertes sur un ciel qui recommence enfin à changer de couleur.
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