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So Beast met « New York » sous tension : la ville brûle, le pop rock sourit

So Beast met « New York » sous tension : la ville brûle, le pop rock sourit
  • Publishedmai 3, 2026

« So Beast transforme « New York » en mirage pop rock bilingue et indomptable, une traversée électrique où la fête ressemble à une fuite en avant, puis à une révolution intérieure. »

New York, chez So Beast, n’est pas une ville : c’est un nerf. Un clignotement derrière la paupière. Une rumeur avalée par des guitares qui auraient trop vécu, trop aimé, trop dansé dans des pièces sans fenêtres. Dès que « New York » démarre, on sent que le duo de Bologne ne cherche pas la carte postale verticale, les taxis jaunes, les fantasmes recyclés de skyline. Il préfère l’autre ville, celle qui existe après minuit dans les corps fatigués, celle qu’on rejoint sans passeport quand une basse commence à dérégler la température du sang.

Katarina Poklepovic et Michele Quadri ont ce talent rare : faire de l’accident une méthode, du désordre une architecture, de la pop un animal qui refuse la laisse. Leur musique vient de l’improvisation, de la performance, des scènes underground, des gestes collectifs ; elle ne sonne jamais comme une démonstration de laboratoire. Elle respire, transpire, trébuche, se relève avec du rouge à lèvres sur les dents. « New York » garde cette physicalité. Le morceau avance en pop rock nerveux, traversé d’éclats alternatifs, avec cette brume shoegaze qui brouille les contours comme si le réel était filmé à travers une vitre mouillée.

Ce qui frappe, c’est la joie en surchauffe. Pas la joie propre des refrains prêts à vendre des cocktails au bord d’une piscine, mais une joie plus sale, plus nécessaire, presque militante dans sa manière de tenir debout. La rythmique pousse, les guitares chauffent, les textures se frictionnent, les voix en anglais et en italien circulent comme deux lignes de métro qui finiraient par se rejoindre dans un club clandestin. Le morceau paraît lumineux, mais il porte une fatigue magnifique, cette fatigue des gens qui ont compris que danser peut aussi être une stratégie de survie.

So Beast construit « New York » comme une ville parallèle : un quartier de riffs, une avenue de distorsions, un tunnel de basses, une place publique où le désir reprend la parole. La dimension shoegaze n’adoucit pas le chaos ; elle l’agrandit, elle lui donne une aura, un halo presque sentimental. On croit entendre une fête, puis on réalise qu’il s’agit d’un souvenir en train de brûler. On croit suivre un banger rock, puis quelque chose bifurque vers le rêve, le manifeste, l’étreinte.

Ce titre a la beauté des œuvres qui refusent de s’expliquer entièrement. Il appartient à Untouchable comme une excroissance vivante, une preuve que So Beast ne fabrique pas des morceaux pour entrer dans le panorama musical, mais pour le fissurer depuis l’intérieur. Leur pop rock est une zone franche, un endroit où les langues se mélangent, où les genres tombent en panne, où l’amour cesse d’être un thème pour devenir une énergie motrice.

« New York » ne raconte pas une destination. Il raconte l’instant où l’on devient trop vivant pour rester à sa place. So Beast y signe une hallucination euphorique, dense, libre, furieusement humaine : le genre de morceau qu’on n’écoute pas seulement avec les oreilles, mais avec tout ce qui, en nous, demande encore à s’échapper.

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Written By
Extravafrench

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