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Music Rock

Rosso Tierney ose demander à « Oh Divine » qui il reste quand le masque tombe

Rosso Tierney ose demander à « Oh Divine » qui il reste quand le masque tombe
  • Publishedmai 27, 2026

« « Oh Divine » donne à Rosso Tierney une scène de renaissance presque mystique, entre piano né dans le tumulte de King’s Cross, rock mélodique et désert intérieur filmé au Sahara. »

Le plus vertigineux dans une métamorphose, ce n’est pas toujours de changer. C’est de découvrir ce qui survit après. « Oh Divine » avance avec cette question dans la gorge : quand le personnage tombe, quand le masque se défait, quand les anciennes versions de soi cessent enfin de donner les ordres, reste-t-il un visage, une âme, une vérité capable de tenir debout ?

Rosso Tierney n’aborde pas ici la spiritualité comme un décor ésotérique posé sur une chanson rock. Il en fait une matière vécue, presque corporelle. Le titre naît d’un réveil intérieur profond, d’une traversée personnelle où la guérison, la neurodiversité, la santé mentale masculine, la méditation et la recherche d’un lien au divin ne sont pas des thèmes abstraits, mais des forces qui ont modifié la façon même d’écrire. Les paroles sont venues d’abord, comme une confession arrachée à l’ancien soi. La musique, elle, aurait surgi plus tard sur un piano à King’s Cross Station, à Londres, devant des passants touchés par l’instant. C’est beau parce que c’est presque trop romanesque pour être inventé.

Musicalement, « Oh Divine » porte cette tension entre ballade vocale, rock mélodique et théâtre intérieur. Rosso Tierney vient du punk, du DIY, des tournées au Royaume-Uni et en Europe, mais son solo actuel regarde ailleurs : vers Bowie, Damiano David, The Struts, Palaye Royale, Yungblud, tout un glam art rock moderne où la blessure doit avoir de l’allure sans perdre sa vérité. La production de Sam Graves, à Innersound Studio, garde cette intensité à hauteur humaine : assez ample pour donner au morceau une dimension presque cérémonielle, assez directe pour ne jamais effacer la faille.

Le clip pousse encore plus loin le symbole. Dans le Sahara, un double sombre traverse le désert avec un calice d’herbes sacrées destiné à son double lumineux. Les deux ne se rencontrent pas, mais tout le récit repose sur leur lien invisible : ombre et lumière, yin et yang, chute et renaissance. Peu à peu, la figure noire abandonne ses couches, son costume, son ancien rôle. Elle ne devient pas parfaite. Elle devient nue de mensonge.

« Oh Divine » touche parce qu’il ne prétend pas rendre la transformation propre. Rosso Tierney sait que guérir peut être brutal, étrange, presque embarrassant. Son morceau ressemble à une prière rock pour ceux qui ont dû se perdre longtemps avant de comprendre que la vérité ne sauve pas toujours doucement. Parfois, elle brûle. Mais au moins, elle éclaire enfin le visage.

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Written By
Extravafrench

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