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Showrocka et MICKEY FACTZ sortent « Kim Jong Leather » comme une arme blanche du boom bap

Showrocka et MICKEY FACTZ sortent « Kim Jong Leather » comme une arme blanche du boom bap
  • Publishedmai 27, 2026

« Showrocka et MICKEY FACTZ verrouillent « Kim Jong Leather » dans une pièce sans fenêtre : du rap noir, précis, menaçant, où chaque punchline semble avoir été aiguisée dans le béton. »

Le morceau sent la cave, le cuir, la fumée froide et les comptes qu’on ne règle jamais par message. « Kim Jong Leather » ne vient pas chercher la lumière, encore moins la politesse. Showrocka et MICKEY FACTZ y entrent comme deux techniciens du carnage verbal, posés sur une production sombre, presque spectrale, qui ne cherche pas à séduire : elle attend, elle menace, elle laisse les mots faire le sale boulot.

Le boom bap, ici, n’a rien d’un souvenir doré qu’on ressort pour faire plaisir aux puristes. Il redevient ce qu’il a toujours su être quand il est bien manié : un ring minimal, une zone de pression, un endroit où la rime doit survivre sans maquillage. La prod frappe sec, noire, coupante, avec cette austérité presque militaire qui met les MCs face à leur propre niveau. Pas de grand décor, pas de diversion mélodique inutile. Juste l’espace nécessaire pour que les flows avancent, mordent, repartent.

Showrocka arrive avec le poids d’un artisan qui a travaillé ses barres comme d’autres travaillent une lame. MC de New Haven, plus de deux décennies de rap derrière lui, passé par Bars on I-95 et Shade45, il a ce rapport presque académique au lyricisme, mais sans perdre la crasse de la rue. Son statut de premier Hip Hop Valedictorian de Pendullum Ink, l’école d’écriture avancée fondée par MICKEY FACTZ et Chilla Jones, dit déjà quelque chose : ici, la technique n’est pas une coquetterie, c’est une discipline de combat.

Face à lui, MICKEY FACTZ ne joue pas le guest prestigieux venu tamponner le morceau. Il entre dans l’arène avec cette précision de vétéran, ce calme supérieur des rappeurs capables de faire monter la température sans hausser la voix. Les deux se répondent dans une logique de braggadocio millimétré : l’ego est là, massif, mais tenu par l’écriture. Chaque phrase semble chercher le bon angle d’impact.

« Kim Jong Leather » plaît parce qu’il assume son absence de sourire. C’est du hip-hop grimy, frontal, agressif, taillé pour ceux qui aiment quand le rap garde de la poussière sous les ongles et des idées derrière les menaces. Le titre ne demande pas à être “accessible”. Il demande qu’on écoute vraiment, qu’on suive les déplacements, les attaques, les cassures de cadence, la manière dont deux plumes s’installent dans l’obscurité pour y faire régner leur loi.

Showrocka et MICKEY FACTZ ne réaniment pas l’âge d’or : ils rappellent plutôt qu’il n’a jamais cessé d’exister pour ceux qui savent encore rapper comme si la parole engageait quelque chose. « Kim Jong Leather » est rude, dense, verrouillé. Un morceau de puriste, oui, mais pas de nostalgique. Ici, le passé n’est pas un refuge : c’est une munition.

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Written By
Extravafrench

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