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Victims of the New Math déroule « The Stories That You Weave »

Victims of the New Math déroule « The Stories That You Weave »
  • Publishedmai 29, 2026

« The Stories That You Weave » ressemble à ces disques lo-fi qu’on croit modestes au premier abord, avant de comprendre qu’ils contiennent tout un monde : guitares garage, mélodies indie, psychédélisme doux, rock vintage et petites vérités sur le temps qui passe.

Victims of the New Math n’a jamais semblé courir après la perfection de studio. Et c’est probablement ce qui rend sa musique attachante. Derrière ce nom, Thomas Young façonne depuis plus de vingt ans une forme de rock maison, nourrie d’indie, de lo-fi, de garage, de glam, de new wave et de souvenirs d’AM rock. « The Stories That You Weave », enregistré et produit par lui-même puis masterisé par Todd Tobias, garde cette sensation précieuse d’un disque fabriqué à hauteur d’homme : pas trop poli, pas trop calculé, mais suffisamment solide pour révéler une vraie science de la chanson.

« The Run Up » ouvre l’album comme une mise en mouvement. Le titre porte bien son nom : on y sent l’élan, le départ, la mécanique qui s’enclenche. Victims of the New Math y installe immédiatement son goût pour les guitares directes, les mélodies simples en apparence et ce grain vintage qui donne l’impression d’écouter un vieux single retrouvé dans une caisse, mais joué avec une urgence bien actuelle.

« You’re A Star » entre dans une veine indie rock plus classique, lumineuse mais pas naïve. Le morceau semble jouer avec l’idée de célébrité, d’éclat, peut-être même de cette petite comédie de la reconnaissance qui passe vite. C’est une chanson à la fois accrocheuse et légèrement ironique, comme si Thomas Young observait la fascination pour la lumière tout en sachant qu’elle ne dure jamais très longtemps.

« Only in My Dreams » glisse vers une zone plus intime. Le titre dit déjà quelque chose du registre du disque : les désirs, les souvenirs, les versions de vie que l’on garde dans un coin de la tête. Musicalement, on imagine une couleur plus brumeuse, presque psyché-pop, où le rêve n’est pas une fuite spectaculaire, mais un refuge discret. Le morceau apporte une nuance mélancolique à l’ensemble, sans casser son énergie artisanale.

« Be What You Want » se présente comme une petite devise indie, directe, presque libératrice. Le genre de titre qui, entre des mains trop lisses, pourrait devenir slogan. Chez Victims of the New Math, il garde une fraîcheur plus simple, plus sincère. On y retrouve cette manière de défendre une forme d’optimisme sans effacer la fatigue du monde. Être ce que l’on veut, ici, n’a rien d’un mantra publicitaire : c’est une manière de tenir.

« Time Flies » prend une dimension plus narrative, presque carnet de route. Le morceau est décrit comme une ballade de voyage, et l’on comprend pourquoi il semble important dans l’album : il ramène le disque vers la fuite du temps, les déplacements, les souvenirs qui se recomposent au fil des kilomètres. La musique de Thomas Young sait bien traiter ce genre de sentiment, parce qu’elle a elle-même quelque chose d’un trajet à travers plusieurs décennies de rock indépendant.

« We Can Be Anything » répond à « Be What You Want » avec une ouverture plus collective. Là où le premier titre sonnait comme une affirmation individuelle, celui-ci agrandit le cadre. Il y a dans cette chanson une forme de foi modeste, pas aveugle, mais nécessaire. Victims of the New Math ne prétend pas que tout est simple ; il rappelle plutôt que l’imaginaire reste une arme, surtout dans une époque qui réduit facilement les horizons.

« Believe In Me » change de lumière. Plus rêveuse, plus indie-pop, la chanson apporte une douceur qui équilibre les titres plus garage. Son titre a quelque chose de vulnérable : demander à être cru, c’est déjà avouer une fragilité. Le morceau semble avancer sur cette ligne fine entre mélodie séduisante et inquiétude intérieure, avec une élégance lo-fi qui évite tout pathos.

« It’s You That Wanted More » revient à une énergie sixties garage rock plus nette. Le morceau a probablement ce mordant un peu rétro, cette manière de faire sonner une accusation comme un refrain. On y retrouve le plaisir du riff, de la tension courte, du rock qui ne s’embarrasse pas de trop de couches pour exister. C’est l’un des titres qui rappelle le mieux l’amour de Thomas Young pour les formes anciennes du rock, mais sans tomber dans la reproduction figée.

« Every Day Is Saturday » apporte une touche plus légère, presque faussement insouciante. Le titre évoque une utopie de week-end permanent, mais dans l’économie de l’album, il peut aussi s’entendre avec une ironie douce : que vaut le samedi quand tous les jours se ressemblent ? Victims of the New Math a ce talent de laisser planer plusieurs lectures dans des chansons qui restent très accessibles.

« The Run Out » fait naturellement écho à « The Run Up ». Après l’élan du début, voici la sortie, le ralentissement, peut-être la fin de la course. Le morceau agit comme un contrepoint, une manière de rappeler que chaque montée finit par trouver son point de chute. L’album fonctionne ainsi comme un cycle, pas seulement comme une suite de titres : il avance, bifurque, revient, s’épuise puis repart.

« Packing List » a l’allure d’un détail concret, presque domestique, mais c’est souvent dans ces détails que les albums lo-fi trouvent leur vérité. Faire une liste, préparer un départ, choisir ce que l’on emporte : tout cela peut devenir une manière discrète de parler de perte, de transition, de mémoire. Le morceau semble prolonger le fil du voyage déjà ouvert par « Time Flies », mais dans un registre plus quotidien, plus tactile.

Enfin, « Return to the Universe » referme l’ensemble sur une note plus vaste, presque cosmique. Après les histoires individuelles, les rêves, les routes, les injonctions à rester soi-même, le disque finit par regarder plus loin. Le titre pourrait sembler grandiloquent, mais dans l’univers de Victims of the New Math, il garde probablement cette simplicité lo-fi qui rend les grandes idées plus humaines. Retourner à l’univers, ce n’est pas disparaître dans l’abstraction ; c’est replacer nos petites histoires dans un cadre plus large.

« The Stories That You Weave » porte bien son nom. L’album tisse plus qu’il ne démontre. Il passe du garage rock à l’indie pop, du psychédélisme discret au rock’n’roll vintage, de la ballade de voyage au morceau plus frontal, sans perdre son identité. Tout tient dans cette écriture directe, ce son fait maison, cette capacité à rendre familiers des morceaux qui gardent pourtant leur étrangeté.

Victims of the New Math signe ici un disque attachant, varié, jamais prétentieux, où la modestie de fabrication devient une vraie force esthétique. Un album pour celles et ceux qui aiment le rock quand il sonne encore comme une histoire racontée dans une pièce, avec des guitares pas trop sages, des mélodies qui restent, et cette impression que les chansons ont vécu avant même d’arriver jusqu’à nous.

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Written By
Extravafrench

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