Sur « HALLELUJAH » et « MA MA SI TA », Palm Monkey abandonne en partie les réflexes de l’afro-house pour explorer une afro-pop plus organique, sensuelle et immédiatement chantable. Deux titres complémentaires qui ouvrent « ON MY MIND » sur le désir, la douceur et le mouvement.
Palm Monkey aurait pu rester là où on l’attendait.
Après des morceaux comme « AWGAZI » ou « DON’T KILL MY VIBE », le producteur barcelonais disposait déjà d’un terrain confortable : une afro-house mélodique, détendue, suffisamment lumineuse pour accompagner la nuit sans jamais l’alourdir. Son nouvel EP « ON MY MIND » préfère pourtant déplacer légèrement le centre de gravité.
« HALLELUJAH » et « MA MA SI TA » n’abandonnent ni le groove ni la chaleur africaine, mais ils les rapprochent de la chanson. Les percussions syncopées restent essentielles, les mélodies continuent de glisser avec souplesse, sauf que la voix occupe désormais une place plus frontale. Palm Monkey ne construit plus seulement une ambiance : il cherche le refrain, l’adresse, le geste que l’on retient.
« HALLELUJAH » est le plus doux des deux. Son titre convoque immédiatement le spirituel, mais le morceau semble détourner cette élévation vers quelque chose de plus intime. Ici, l’exclamation ressemble moins à une prière qu’à un soulagement amoureux, au moment où une présence suffit à remettre un peu d’ordre dans le tumulte.
L’anglais donne au titre une fluidité internationale, presque aérienne. L’humeur romantique n’est jamais poussée vers la grande déclaration dramatique. Palm Monkey choisit la proximité, une sensualité calme, portée par des motifs mélodiques arrondis et un groove qui avance sans hausser la voix.
« MA MA SI TA » se place ailleurs. Le morceau espagnol est plus joueur, plus physique, avec cette manière de transformer quelques syllabes en formule immédiatement mémorisable. Le titre n’a pas besoin d’une narration complexe pour fonctionner : il repose sur l’attitude, la répétition et le plaisir de prononcer les mots autant que de les entendre.
Là où « HALLELUJAH » enveloppe, « MA MA SI TA » accroche. La séduction devient plus souriante, plus directe, presque taquine. Le rythme conserve une nonchalance chill, mais le morceau possède une énergie plus extravertie, comme si Palm Monkey passait d’une conversation rapprochée à un échange de regards au milieu d’une soirée.
Les deux titres évitent néanmoins de se contredire. Ils montrent plutôt deux étapes d’un même désir. « HALLELUJAH » serait l’instant où le sentiment se formule intérieurement ; « MA MA SI TA », celui où il commence à circuler entre les corps. L’un cherche la connexion émotionnelle, l’autre s’amuse de l’attraction.
Cette complémentarité donne du relief à « ON MY MIND ». Palm Monkey ne se contente pas de décliner quatre variations autour d’un même beat. Il utilise l’EP pour préciser son identité, désormais située entre textures électroniques, structures afro-pop et héritages rythmiques plus traditionnels.
Le risque, dans ce déplacement, serait de perdre l’étrangeté qui distingue un producteur au profit d’une efficacité plus générique. « HALLELUJAH » et « MA MA SI TA » restent encore proches de codes très familiers de l’afro-pop contemporaine : chaleur, sensualité, refrains simples, production propre. Leur réussite dépend donc surtout de la façon dont Palm Monkey affine ses détails et son toucher.
Ces deux morceaux possèdent déjà une qualité précieuse : ils semblent faciles sans être négligés. La percussion guide, les mélodies respirent, les hooks arrivent sans forcer leur mémorisation. Palm Monkey comprend que la légèreté ne consiste pas à retirer toute substance, mais à cacher le travail nécessaire pour qu’un titre paraisse évident.
« HALLELUJAH » et « MA MA SI TA » ne racontent pas la même scène. Pourtant, elles se déroulent sous la même lumière.
Palm Monkey n’a pas quitté la piste. Il vient simplement d’y rapprocher les corps.
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