Avec « Tout casser », Amour Courtois signe une bossa nova en crise de nerfs : guitare classique, batida sèche, synthés en biais, puis soudain la déflagration. Le morceau raconte ces histoires qu’on détruit avant même qu’elles existent vraiment, quand l’idéal amoureux devient trop grand pour la réalité.
Derrière ce chaos élégant, Joseph cultive une chanson très personnelle, entre lyrisme ancien, humour discret, MPB, techno-pop japonaise et drame sentimental. On l’a interrogé sur ses détours, ses obsessions et cette manière très à lui de faire tenir la tendresse au bord de l’explosion.
1) Qui es-tu ?
Je m’appelle Joseph, je viens de Paris, et j’approche dangereusement des trente-cinq ans. Je suis chansonnier, et je me cache derrière le pseudonyme “Amour Courtois” depuis 2017. Je suis aussi bassiste pour des copains. Il m’arrive d’écrire de la fiction et de la poésie, et j’aime bien peindre, mais en total amateur : je me qualifie moi-même de peintre, même pas du dimanche, mais du lundi férié.
2) Quel est ton parcours ?
J’ai commencé comme harmoniciste de scène au sein de divers groupes, puis j’ai fondé le mien quand j’avais vingt ans. J’étais guitariste rythmique et compositeur/parolier. On faisait du post-punk. Puis, virage à 180°, je me suis mis au chant lyrique et j’ai fait quelques années de conservatoire où j’ai appris aussi des rudiments de solfège. Quand j’ai compris que devenir chanteur d’opéra était bien trop exigeant et cadenassé pour ma nature dilettante et touche-à-tout, j’ai naturellement dérivé vers la chanson, et j’y suis resté.
3) Que peux-tu nous dire sur ton art en quelques mots ?
Je dirais qu’il est à l’image de mon parcours, et de mes goûts, assez composite et pas vraiment académique, avec un peu de ceci, un peu de cela. Quand les gens veulent me faire plaisir, ils disent que j’ai un style “personnel”. Pour en parler plus précisément, mes chansons sont un mélange entre des textes très littéraires (sans être trop ampoulés j’espère), chantés à pleine voix, avec un timbre et une diction un peu surannés, et des compositions à la guitare proches de la samba-canção, que j’aime à orner comme de la techno pop japonaise. Vaste programme n’est-ce pas ?
4) Quelles sont tes inspirations ?
Quand je compose, je m’inspire beaucoup de la MPB des années 60-70 (musique populaire brésilienne) que j’ai énormément écoutée depuis l’adolescence. Sans pouvoir me targuer de m’en inspirer réellement, je peux simplement dire que j’adore la musique de chambre et pour piano des époques classiques, romantiques et modernes ; les opéras tels que Faust, Tosca ou Pelléas et Mélisande. Je suis obsédé littéralement par la musique japonaise des années 70-80, mais plus particulièrement de la scène qui tourne autour du Yellow Magic Orchestra. En chanson française, j’ai un faible pour la chanson drôlatique inspirée du jazz des années 30-40 (Ray Ventura, les Frères Jacques, Charles & Johnny).
5) Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ?
« Souvenir glacé » de Testpattern, que j’ai même reprise récemment.
« Pede passagem » de Nara Leão.
« Mes longs cheveux descendent… » dans Pelléas et Mélisande de Debussy, version Désormière.
Sonate n°27 op. 90 : II. Nicht zu geschwind und sehr singbar vorgetragen de Beethoven, version Pollini.
« Future Days » de Can.
« Nani mo Iranai » de Taeko Ohnuki, sur l’album Sunshower.
6) C’est quoi le plat que tu cuisines le mieux ?
Les pâtes au beurre ! Non je déconne ; je fais un curry pas mal.
7) Quels sont tes projets à venir ?
Je vais sortir mon premier album très très bientôt ! Et là j’écris un roman.
8) Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?
Aussi dingue que ça puisse paraître, j’ai fait mon tout premier concert à La Cigale ! C’était pour la finale du tremplin Fallen Fest. Je n’ai jamais autant tremblé des jambes. L’occasion ne s’est bien sûr pas représentée depuis (sans blague !) mais qui sait, dans un monde parallèle…
9) Si tu pouvais passer 48h avec une personne que tu n’as jamais rencontrée, ce serait qui ?
Ouah 48h c’est beaucoup ! Paul McCartney, je pense, si on prend seulement les personnes qu’on peut réellement encore voir aujourd’hui.
10) Un petit mot ou conseil pour la fin ?
« Il n’est pas défendu d’attendre, il est doux d’espérer » (Carmen).
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