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bookend garde un cap fragile sur « lighthouse »

bookend garde un cap fragile sur « lighthouse »
  • Publishedaoût 17, 2026

« bookend fait de “lighthouse” une pop de l’entre-deux : ni rupture nette, ni nouveau départ triomphal, plutôt cette lumière lointaine qui apparaît lorsqu’on commence enfin à envisager quelqu’un d’autre. »

Un phare ne vient chercher personne. Il reste planté au même endroit pendant que les autres hésitent, dérivent, changent de direction. C’est une assez belle mécanique pour parler d’une rencontre inattendue.

« lighthouse », deuxième morceau du premier EP de bookend, « Hi, hi not goodbye », déplace justement la caméra. Quelque chose s’est déjà produit avant lui ; le passé existe encore, l’incertitude aussi, mais une nouvelle présence commence à modifier le paysage. Pas au point d’effacer ce qui précède. Suffisamment, en revanche, pour rendre imaginable une route qui n’existait pas quelques minutes plus tôt.

Cette nuance correspond parfaitement à la manière dont Michelle et Masaaki construisent bookend. Le duo londonien fonctionne sur des contrastes qui ne cherchent jamais vraiment à se résoudre. Michelle, Brésilienne, vient de l’écriture et de la poésie ; Masaaki, Japonais, travaille le son avec une approche beaucoup plus méthodique de producteur. Elle apporte le récit intérieur, lui organise ce qui doit battre autour. La mélancolie rencontre ainsi des rythmiques plus joueuses, les hooks viennent parfois contredire la gravité des sentiments, et l’indietronica empêche la chanson de s’installer trop confortablement dans la tristesse.

Leur collaboration ne sort d’ailleurs pas de nulle part. Les deux artistes se connaissent depuis une dizaine d’années et s’étaient déjà retrouvés lorsque Michelle avait participé à « The Ocean », morceau du projet solo Anchorsong de Masaaki, devenu son titre le plus écouté avec près de 6,5 millions de streams sur Spotify. bookend est né ensuite de l’envie de donner un territoire entier à cette alchimie plutôt que de la laisser au rang d’exception.

Sur « lighthouse », cette complémentarité prend une forme particulièrement douce. L’alt-pop garde le morceau immédiatement lisible, mais les traitements électroniques lui donnent une profondeur moins évidente, presque comme si plusieurs états émotionnels occupaient simultanément la chanson. L’espoir est là, mais il ne fanfaronne pas. La possibilité d’aimer de nouveau n’efface pas la prudence qui l’accompagne.

C’est sans doute ce que bookend raconte de plus juste : les nouveaux départs ne ressemblent pas toujours à des portes que l’on ouvre en grand. Parfois, on aperçoit seulement quelque chose au loin et l’on modifie légèrement sa trajectoire pour voir où cela mène.

Michelle et Masaaki laissent « lighthouse » à cette distance-là. La lumière est visible ; personne n’a encore promis d’atteindre la côte.

Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

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