J. Killen trouve la paix au pied de « Oak Tree »
- Publishedaoût 17, 2026
« “Oak Tree” regarde la mort sans emphase : J. Killen y transforme le deuil en une ballade country vaste et dépouillée, portée par des batteries lourdes, de l’espace et cette fatigue dans la voix qui ressemble moins à une fin qu’à un lâcher-prise. »
Le plus marquant ici n’est pas la tristesse. C’est l’absence de panique.
« Oak Tree » est né après la mort de la grand-mère de J. Killen et celle d’un ami, deux pertes qui l’ont amené à réfléchir frontalement à sa propre mortalité. Son idée n’était pas d’écrire une élégie dramatique, mais presque l’inverse : imaginer qu’un départ puisse aussi épargner ceux qui restent, sans culpabilité à transporter, sans douleur à entretenir par devoir.
Cette intention donne au morceau une gravité particulière. J. Killen chante comme quelqu’un qui a déjà passé beaucoup de temps à négocier avec les mauvaises issues. Son parcours a été marqué par les excès, les addictions, les années à brûler les relations musicales autour de lui, puis par un déplacement de Los Angeles vers Austin qui n’a pas immédiatement calmé quoi que ce soit. Il a pourtant fini par sortir de cette période, reprendre pied, travailler dans la construction et revenir à la musique lorsque les deuils et les ruptures ont rendu le silence impossible.
« Oak Tree » appartient à « Depression Dollars », son deuxième album solo en moins d’un an, un disque consacré à l’amour, la perte et la dépression, mais où J. Killen insiste lui-même sur la présence d’un peu d’espoir.
Le son respecte cette économie émotionnelle. Guitares acoustiques ou électriques, basse, batterie, pedal steel, claviers et fiddle composent une palette volontairement resserrée, pensée pour pouvoir être rejouée en live. L’album a été enregistré à Portland, en plein hiver, aux Red Rockets Glare Studios, avec Raymond Richards et Luke Messimer à la production. J. Killen raconte une période grise, humide, froide, passée dans un appartement en sous-sol sans télévision ; difficile de ne pas entendre cette météo dans la respiration même du disque.
Ses racines, elles, sont profondément américaines. Fils d’un musicien country, élevé avec Hank Williams, Bob Wills et les vieilles Gretsch et Fender, J. Killen a traversé le blues, le punk et l’indie avant de revenir vers la country après avoir découvert Dylan, Willie Nelson, Waylon Jennings, puis Ryan Adams, Whiskeytown et Wilco.
Tout cela se retrouve dans « Oak Tree », mais débarrassé de la tentation de faire joli. Les grosses batteries avancent lentement, la production laisse beaucoup d’air, et sa voix garde quelque chose de rougi, d’épuisé, presque insomniaque.
L’arbre du titre devient alors moins un symbole poétique qu’un endroit précis où déposer enfin quelque chose. Après une vie passée à courir, tomber, repartir et survivre à ses propres excès, J. Killen imagine simplement la possibilité de ne plus avoir à lutter. Et c’est cette sérénité un peu cabossée, beaucoup plus que la mort elle-même, qui reste longtemps après l’écoute.
Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :
Partager :
- Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
- Partager sur Tumblr(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Tumblr
- Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
- Envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
