Bænch met le live à nu sur « Watch You Go » et « Bloody Feeling »
- Publishedaoût 19, 2026
« Entre performances de “Watch You Go” et “Bloody Feeling” et paroles beaucoup plus intimes sur leurs débuts au Danemark, Bænch utilise le format live comme point de départ d’un mini-documentaire sur ce qu’on voit rarement derrière l’émergence d’un jeune groupe : l’excitation, la pression et la santé mentale. »
Cette fois, les coulisses comptent autant que la scène.
La vidéo consacrée à Bænch ne se contente pas d’enchaîner deux performances filmées à Engelsholm et au RADAR. Entre « Watch You Go » et « Bloody Feeling », le jeune groupe de Copenhague revient sur son expérience au sein de la scène musicale danoise, sur ce que signifie essayer d’y trouver sa place et, surtout, sur la réalité psychologique qui accompagne cette période où tout semble devoir aller vite.
Ce contexte modifie forcément la manière d’écouter les deux morceaux.
« Watch You Go » travaille particulièrement bien la retenue. L’énergie existe dès le départ, mais Bænch semble préférer la garder sous contrôle, faire durer l’attente, jouer avec les changements de densité. Son indie dance possède quelque chose de physique sans devenir euphorique à tout prix ; le morceau avance avec une nervosité qui prend une autre couleur lorsque les membres du groupe commencent à évoquer ce qui se passe en dehors de la musique.
« Bloody Feeling » paraît plus abrasif. Le versant post-rock prend davantage de place, la matière se densifie et l’impression de débordement devient presque organique. Là où « Watch You Go » contient, « Bloody Feeling » semble chercher jusqu’où la tension peut être poussée avant de céder. Dans le cadre du documentaire, cette différence entre les deux performances finit presque par créer son propre langage émotionnel.
Ce n’est évidemment pas une illustration littérale de la santé mentale, et il serait trop facile de transformer chaque montée instrumentale en métaphore psychologique. Ce qui fonctionne est plus subtil : le film rapproche simplement deux réalités qui sont souvent présentées séparément. D’un côté, l’image excitante d’un jeune groupe en train de progresser, de jouer, de trouver son public. De l’autre, les expériences personnelles de ceux qui doivent traverser cette accélération.
Le projet « TAL », dans lequel s’inscrit la vidéo, donne justement à cette parole une place centrale. Il s’agit d’un projet national de recherche consacré à la santé mentale des jeunes musiciens. Bænch n’est donc pas seulement filmé comme un groupe « à suivre » : ses membres deviennent aussi les témoins d’un environnement professionnel où les débuts peuvent être grisant tout en imposant leurs propres pressions.
C’est ce qui donne au format davantage de profondeur qu’une live session traditionnelle. Engelsholm et le RADAR ne servent plus uniquement de décors à deux morceaux. Ils deviennent les deux faces d’un même portrait : ce que le public reçoit lorsque les amplis sont allumés, et ce que les musiciens continuent à porter lorsqu’ils cessent de jouer.
« Watch You Go » et « Bloody Feeling » montrent un Bænch particulièrement convaincant dans l’intensité et les contrastes. Le mini-documentaire, lui, évite que cette intensité ne reste une simple esthétique. Il replace derrière les guitares des jeunes musiciens en train d’apprendre simultanément leur métier, leur scène et les limites qu’il faut parfois savoir reconnaître pour pouvoir continuer à faire de la musique.
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