LAIRD présente « Nick The Dick », et le groove fait le reste
- Publishedaoût 19, 2026
« “Nick The Dick” a le mauvais goût assumé d’un titre qu’on retient tout de suite, mais LAIRD ne mise pas uniquement sur la provocation : derrière le clin d’œil, il construit une tech house lourde, sombre et très physique, pensée pour tenir longtemps dans un set. »
Le nom fait sourire avant même que la basse n’entre.
C’est probablement voulu. « Nick The Dick » possède cette efficacité un peu idiote des titres qu’on n’oublie pas, mais le morceau évite justement de se réduire à la blague. LAIRD travaille dans un registre où le groove compte davantage que le concept, et c’est là que le morceau devient intéressant : il faut que la mécanique survive une fois l’effet de surprise passé.
La base est clairement tech house, mais le titre emprunte suffisamment à la techno et à la bass house pour garder une certaine densité. La rythmique avance de façon très stable, sans chercher à multiplier les ruptures, tandis que le bas du spectre donne au morceau sa vraie personnalité. Il y a quelque chose de volontairement lourd, presque obstiné, dans cette manière de maintenir la pression.
C’est cohérent avec l’approche de LAIRD, qui décrit sa musique comme une tech house et une techno plus moody, toujours centrées sur le groove. Il revendique aussi une manière assez instinctive de produire : partir de son état du moment, suivre ce qui fonctionne, ne pas forcer une direction simplement parce qu’elle correspond à une case.
« Nick The Dick » profite beaucoup de cette liberté.
Le morceau dure près de cinq minutes, ce qui change déjà la façon de l’écouter. On n’est pas dans une construction ultra-compressée où tout doit arriver avant la première minute. LAIRD laisse le groove s’installer, répète, ajuste, densifie, retire. Cette durée lui permet de penser davantage comme un DJ que comme un producteur de singles.
Et ça se sent.
Son parcours aide d’ailleurs à comprendre cette priorité donnée au physique. LAIRD a connu le sport professionnel et le jeu d’acteur, mais affirme que rien ne remplace pour lui la sensation de jouer devant un public. Ce rapport direct à l’énergie collective se retrouve dans sa manière d’aborder la production : la musique doit fonctionner dans l’espace, dans le corps, dans la continuité d’un set.
Le morceau n’a donc pas besoin d’un récit compliqué. Il repose sur l’accumulation, la répétition, la sensation que chaque élément doit contribuer à maintenir une dynamique sans casser le mouvement.
Ce qui me plaît surtout ici, c’est le contraste entre le titre presque potache et le sérieux de la construction. « Nick The Dick » aurait facilement pu être un gimmick de DJ rapidement épuisé. LAIRD lui donne assez de poids et de structure pour qu’il continue d’exister après la blague.
Et au fond, c’est peut-être exactement ce qu’un bon morceau de club doit réussir : être identifiable en quelques secondes, mais suffisamment solide pour tenir bien plus longtemps.
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