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Temazkal élargit son spectre afro-électronique entre « Run The Block » et « Eshe »

Temazkal élargit son spectre afro-électronique entre « Run The Block » et « Eshe »
  • Publishedoctobre 3, 2026

« Un morceau part d’un beat sombre nourri de rap anglais, l’autre d’une idée de vie, de racines et de transmission : avec “Run The Block” et “Eshe”, Temazkal montre surtout qu’il sait faire respirer l’Afro House sans lui imposer une seule humeur. »

Chez Temazkal, les morceaux semblent naître d’un noyau très précis avant de s’ouvrir.

« Run The Block » commence ainsi par une idée de Gotlucky. Une première version suffisamment forte pour que Temazkal y entende immédiatement un autre potentiel : des synthés plus sombres, une voix rap, quelques signatures Afro House fabriquées sur mesure. L’intérêt du morceau tient beaucoup à cette construction par ajout ciblé, presque comme si chacun venait pousser le track vers une zone plus trouble sans en casser l’impulsion initiale.

Le détail vocal compte énormément.

Le rap est interprété en anglais par un artiste français, et ce léger décalage culturel apporte au morceau une couleur particulière. Il évite au track de se réduire à une simple proposition club et crée une friction intéressante entre l’énergie Afro House, l’impact plus massif de l’electro house et une présence vocale plus urbaine.

Temazkal, producteur originaire de Mendoza en Argentine, semble justement aimer ce genre de points de rencontre.

Sa musique travaille l’émotion autant que l’efficacité, et « Run The Block » l’illustre bien : la base reste pensée pour le mouvement, mais le choix de timbres plus sombres et l’insertion du rap déplacent immédiatement le morceau vers quelque chose de moins solaire, plus frontal.

« Eshe » prend presque le chemin inverse.

Ici, le mot lui-même porte déjà tout le projet. « Eshe » signifie « vie » en yoruba, et le morceau est construit autour d’une idée de gratitude, de fidélité à soi-même et de respect pour le chemin parcouru. L’inspiration revendiquée du « Roi Lion » ajoute une dimension encore plus organique à cette vision : nature, cycle, racines, transmission.

Ce n’est pas un détail décoratif.

Temazkal associe directement le morceau à cette idée de cercle de la vie, et le nom « Eshe » possède une autre résonance symbolique puisqu’il correspond également au nom de la mère de Mufasa. Tout le concept repose donc sur cette circulation entre vie, famille et origine.

Musicalement, « Eshe » s’inscrit dans une Afro House plus ample, moins nocturne que « Run The Block », avec une approche où la dimension rituelle et la chaleur prennent davantage de place. L’arrivée de Walshy Fire, associé à Major Lazer, ainsi que la présence de Gotlucky renforcent encore cette impression de morceau pensé comme un point de convergence entre plusieurs traditions de la musique électronique globale.

Le contraste entre les deux titres est net sans donner l’impression d’un grand écart artificiel.

« Run The Block » se construit autour d’un impact plus sombre, d’un rap qui tranche dans le mix et d’un rapport direct au club. « Eshe » préfère l’ouverture, la symbolique et une forme de spiritualité simple, presque terrestre.

Temazkal ne cherche donc pas à figer son Afro House dans une seule palette. Il la traite plutôt comme un langage capable d’absorber une pulsation rap, une tension plus obscure ou, à l’inverse, une idée de transmission et de gratitude.

Deux morceaux, deux climats, mais une même manière de partir du rythme pour aller chercher autre chose que le simple effet de piste.

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Written By
Extravafrench

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