« Entre cloud rap, hip-hop africain et inflexions emo, “Big Dreamz” avance avec cette sensation très particulière des morceaux tournés vers l’après : EDWARD MASON y met l’ambition au premier plan, sans faire disparaître la part de flottement qui accompagne les grands projets. »
Le titre est presque une déclaration d’intention. « Big Dreamz » ne cherche pas la subtilité dans sa formulation : EDWARD MASON parle de projection, de désir d’aller plus loin, de quelque chose que l’on vise avant même de savoir exactement comment l’atteindre.
Son terrain musical aide beaucoup à installer cette impression. Le morceau se situe au croisement du hip-hop africain, du cloud rap et de l’emo hip-hop, avec une utilisation de l’autotune qui inscrit la voix dans une esthétique plus mélodique que strictement frontale. Ce mélange permet au titre d’échapper à une seule lecture rap : le morceau peut avancer avec assurance tout en conservant une texture plus flottante, presque introspective.
C’est là que « Big Dreamz » devient intéressant.
L’ambition, dans le rap, est un sujet ancien. Elle peut facilement devenir démonstrative, se résumer à la réussite, à l’argent ou au statut. EDWARD MASON choisit un cadre sonore qui laisse davantage d’air autour de cette idée. Le rêve reste grand, mais la production lui conserve une part d’incertitude.
Le cloud rap joue notamment ce rôle : il crée une distance entre ce qui est vécu maintenant et ce qui est encore à atteindre. L’emo hip-hop apporte une autre nuance, plus intérieure, qui évite au morceau de se réduire à une simple affirmation de confiance. Même lorsqu’on vise haut, il reste toujours une part de doute, d’attente ou de projection.
L’autotune devient alors cohérent avec cette direction. Plus qu’un effet ajouté sur la voix, il participe au caractère du morceau, en brouillant légèrement la frontière entre rap et mélodie. EDWARD MASON ne semble pas vouloir choisir entre les deux. Il préfère laisser le phrasé circuler dans cet entre-deux, là où l’énergie vient autant du rythme que de la couleur vocale.
Le choix du mot « Dreamz », stylisé avec un « z », ajoute enfin quelque chose de très direct à l’identité du titre. Il ne s’agit pas d’un rêve contemplatif ou abstrait, mais d’une ambition revendiquée, presque d’un mot d’ordre personnel.
Pour une première présentation d’EDWARD MASON, « Big Dreamz » va donc à l’essentiel : un morceau construit autour de la projection, avec assez de mélodie et de brume pour éviter de sonner comme une simple déclaration de réussite.
Le rêve est encore devant.
C’est précisément ce qui lui donne son énergie.
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