« “Energy” porte exactement le nom de ce qu’il cherche à produire : chez Dimitri Tenot, la vitesse, les harmonies empilées et le martèlement du hook deviennent les pièces d’une pop électronique qui regarde les années 2000 sans s’y déguiser. »
Le Hi-NRG n’a jamais vraiment cultivé la demi-mesure. Il lui faut de l’élan, une pulsation qui pousse vers l’avant et une forme d’immédiateté presque physique. Dimitri Tenot reprend ce principe sur « Energy », mais sans transformer le morceau en exercice rétro. Les références à la fin des années 90 et au début des années 2000 sont bien là ; elles passent cependant par une production électronique contemporaine, plus nette, plus consciente de l’héritage qu’elle manipule.
Tout est construit pour le mouvement. Le beat file droit, le refrain s’appuie sur la répétition et les harmonies vocales épaississent progressivement l’ensemble. Ce choix de la répétition n’a rien de paresseux dans un registre pareil : le hook agit presque comme une commande, une phrase destinée à devenir réflexe à force de revenir. « Energy » appartient à cette famille de morceaux qui préfèrent installer une poussée continue plutôt que multiplier les détours.
La vraie nouveauté se situe peut-être ailleurs dans le parcours de Dimitri Tenot : sa voix prend davantage de place.
Producteur, DJ et sound designer avant d’affirmer plus frontalement son identité de chanteur et de performer, l’Italien déplace ici son propre centre de gravité. Le studio n’est plus seulement l’endroit depuis lequel il construit le morceau pour le club ; il devient aussi celui où il se met personnellement en jeu. Ses voix et leurs différentes couches ne servent donc pas uniquement la texture : elles matérialisent cette évolution du projet.
Cela change forcément la façon dont on reçoit « Energy ». L’électronique reste dominante, nourrie d’électro, d’art-pop et de culture club, mais la chanson possède une présence plus incarnée. Tenot ne quitte pas son langage de producteur ; il apprend plutôt à s’y placer au premier plan. Cette continuité est plus intéressante qu’une réinvention totale, parce qu’elle conserve son goût pour la matière sonore tout en lui donnant un visage plus évident.
Son parcours explique cette aisance technique. Dimitri Tenot travaille à la rencontre de la musique électronique, de la pop contemporaine et du sound design, avec des expériences menées aussi bien dans l’univers musical que pour des maisons de mode. Cette culture du son comme matière — pas simplement comme accompagnement — trouve naturellement sa place dans « Energy », où le traitement électronique participe autant à l’identité du morceau que sa mélodie.
Le titre ouvre Energy Files, futur EP publié par Fluido Studio. Ce premier extrait donne déjà au projet une direction assez claire : renouer avec une certaine exubérance de la dance-pop sans produire un fac-similé nostalgique. Le visualizer réalisé par Simone Rovellini accompagne d’ailleurs cette volonté de replacer la chanson dans une esthétique globale, où performance, image et production avancent ensemble.
« Energy » ne passe finalement pas beaucoup de temps à justifier son ambition. Il démarre, accélère et entretient l’impulsion. Pour Dimitri Tenot, c’est aussi une manière très concrète d’annoncer la suite : un producteur peut parfaitement rester derrière les machines tout en décidant, enfin, de prendre le micro.
Instagram: dimitri.tenot
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