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InDuna retrouve ses couleurs sur « Favourite Colours »

InDuna retrouve ses couleurs sur « Favourite Colours »
  • Publishedoctobre 15, 2026

« Oublier sa couleur préférée paraît anodin jusqu’au jour où ce détail devient le symptôme d’une perte plus profonde : sur “Favourite Colours”, InDuna raconte le moment où l’on ne sait plus très bien ce qui nous ressemble, ni ce qui nous faisait du bien. »

La belle idée du morceau tient dans sa métaphore centrale. InDuna ne parle pas directement d’effondrement émotionnel, de deuil, d’anxiété ou de dépression ; il passe par quelque chose de beaucoup plus concret, presque enfantin : les couleurs. Elles deviennent ici le langage de la joie, de l’identité, des souvenirs et de cette capacité à reconnaître encore ce qui nous touche.

« I don’t know my favourite colours » résume tout le trouble. La phrase fonctionne parce qu’elle reste simple. Elle ne dramatise rien, elle constate. Et ce constat suffit à installer une forme de vertige : si l’on ne sait plus ce qu’on aime, ce qui nous attire, ce qui nous fait vibrer, alors quelle part de soi est encore accessible ?

InDuna construit « Favourite Colours » autour de cette sensation de déconnexion progressive. La vie se complexifie, les émotions se tassent, ce qui paraissait autrefois évident devient plus flou. L’enfance sert alors de point de contraste : un âge où tout semblait plus vif, plus immédiat, plus saturé de possibilités. À mesure que le temps passe, cette intensité peut s’émousser, jusqu’à donner l’impression que le monde entier a perdu quelques nuances.

La chanson refuse pourtant de rester prisonnière de cette grisaille. Une autre phrase ouvre la porte : « In my prime, I’ll be gold ». L’or devient moins une promesse de triomphe qu’un signe de retour à soi. Pas forcément maintenant, pas forcément tout de suite, mais plus tard peut-être. C’est une nuance importante, parce que le morceau ne cherche pas à maquiller la douleur avec un optimisme de façade. Il laisse simplement subsister la possibilité d’une remontée.

Cette douceur correspond bien à l’univers d’InDuna. Autodidacte, producteur et artiste, il puise dans ses racines sud-africaines tout en ayant construit une partie de son parcours en Nouvelle-Zélande. Son travail navigue entre Afro-pop, influences rythmiques africaines, pop contemporaine et production électronique. « Favourite Colours » ajoute à cet équilibre une dimension plus intérieure, moins tournée vers l’énergie immédiate que vers l’introspection.

Cette facette fait sens dans un parcours où la musique a aussi servi de moyen de survie et d’expression personnelle. InDuna ne traite donc pas ici la vulnérabilité comme un effet esthétique. Elle fait partie de son rapport à la création, et c’est sans doute ce qui donne au morceau cette impression de sincérité tranquille.

Le plus juste dans « Favourite Colours », c’est peut-être sa manière d’accepter que la guérison ne ressemble pas toujours à une grande révélation. Parfois, elle commence par quelque chose de minuscule : reconnaître à nouveau une couleur, un goût, une envie, un morceau de soi qu’on croyait perdu.

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Extravafrench

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